L'été arrive, les estivants vont déambuler sur les lieux de vacances, et les terrasses des cafés vont faire le plein. Alors attention à vos casse-croûtes et à vos plateaux de fruits de mer ! Car les goélands sont passés maître pour fondre sur les sandwichs au thon des vacanciers. Les mouettes, plus snobs, picorent la langouste jusque dans les assiettes, et les ramiers se soulagent sur les bancs de la ville. Et dans les parcs, c’est une bande d’affreux qui s’accapare la couronne des arbres majestueux. Ça fait un boucan d’enfer. Ça croasse à 70 décibels.

 

Les corbeaux freux, aux mœurs grégaires, vivent en communauté. Une douzaine de gîtes s’étagent sur chaque chêne centenaire entre vingt-cinq et trente mètres de haut. Les nids, placés les uns en dessous des autres, et aussi les uns à côté des autres, sont séparés par un mètre de végétation. Ils sont faits de branches, herbes sèches, écorces, lichens et laine. La colonie porte toujours son choix sur les arbres caduc : peuplier, platane, frêne, hêtre,... et s’installe toujours à proximité d’un point d’eau, un canal ou une rivière.

 

Depuis la tempête de 1999 et la destruction des grands arbres dans les forêts domaniales, le freux s’est, bien sûr, installé dans les marronniers des villes, et là les griefs ne se sont pas fait attendre : souillure du mobilier urbain, corrosion des voitures, pillage des champs à proximité de l’agglomération, agressions, mais ça reste à prouver, et surtout tapage diurne. Pourtant une étude suisse a démontré que le croassement que les "corbacs" émettent uniquement le matin et le soir est nettement inférieur au bruit du trafic urbain, qui, lui, est continu de jour comme de nuit. Allez y comprendre quelque chose !

 

Alors comment se débarrasser de ces oiseaux de "malheur" qui squattent les parcs aux arbres centenaires et effrayent les petits enfants ? Trois actions sont nécessaires : d’abord trouver un fauconnier possédant un faucon pèlerin tiercelet de préférence, ou si vous préférez mâle, car plus petit que la femelle et moins lourd. Le faire venir début mars, avant la nidification et libérer le rapace pour effaroucher tout ce beau monde. Comme il n’est pas sectaire, il s’occupe également des étourneaux attirés par les éclairages de Noël, et des pigeons attirés par les miettes de pain. La deuxième étape consiste à mettre à terre les dizaines de nids déjà prêts à accueillir les corbillats.

 

Et puis en troisième lieu, il faut rabattre les arbres en dessous de vingt mètres pour décourager les corbeaux de se réinstaller de nouveau. D’autres techniques, moins coûteuses mais aussi moins efficaces, sont employées comme le rayon laser, ou bien le haut-parleur émettant des cris d’orfraie à 85 décibels minimum, car en dessous, les corbeaux freux ne bougent même pas une rémige. Si le grand corbeau est une espèce protégée, le freux ne bénéficie malheureusement pas de ce statut.

 

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