La ville de Grand lahou, dans la région des Grands Ponts, dans le sud, est bien une exception en Côte d'ivoire. La seule et unique ville balnéaire aux trois eaux : une lagune (Tagba), un fleuve (Bandama) et l'océan Atlantique. Le spectacle le plus magnifique est bien l'embouchure : le fleuve Bandama croisant la lagune Tagba, pour ensuite se jeter dans l'océan Atlantique.

 

Trois eaux aux tempéraments différents : là où l'océan affiche toute sa virilité avec ses bruyantes et violentes vagues qui s'y écrasent comme si  elles en voulaient au fin et doux sable de la plage, la lagune, elle, y affiche son calme plat comme pour se dire sereine et imperturbable par les agitations de son voisin immédiat bien turbulent de par le monde entier.

 

Le fleuve Bandama, lui, se la coule douce, comme s'il était discrètement de passage, se frayant un chemin, embrassant la lagune pour tous les deux plonger dans l'océan. A cet endroit, l'embouchure, le choc y est terrible : trois différentes forces d'eaux s'y croisent avec de terribles vacarmes assourdissants presque permanents, et à bien y regarder, ces eaux ne se mélangent pas du tout. On le constate par la qualité des couleurs de chaque eau. La lagune y semble bien sombre avec des tendances noirâtres, quand l'océan contraste avec du bleu clair, aux endroits moins profonds pour donner du bleu marine bien plus loin. Le fleuve, quant à lui, persiste avec un bleu nuit dégradé.

 

A savoir que toutes ces couleurs se voient influencées par l'état du ciel et le degré d'ensoleillement du moment, ce qui donne beaucoup de plaisirs aux fins observateurs de la nature, amoureux de celle-ci, aux romantiques et poètes en manque d'inspiration. Ajoutons les cocotiers sur la plage, les mangroves en lagune, et la verdure en bordure de celle-ci et du fleuve ; on pourrait bien y faire un petit coin de paradis où passer ses moments de détente, villégiature, résidence secondaire ou de retraite.

 

Pureté de l'air, de l'eau et du sol en plus de la tranquillité, bien retiré des brouhahas des grandes villes, tout y est réuni pour passer d'agréables moments inoubliables. Les passionnés de pêche ou de sports nautiques y seront bien satisfaits, et auront même l'embarras de choix, le potentiel qui y est offert étant si varié. Un français, bien inspiré, et ayant du goût en la matière, créa, dans les années 80, un modeste réceptif hôtelier baptisé Bandama Lodge qu'il installa juste à cette embouchure, créant ainsi un hôtel avec des bungalows entre océan, lagune, fleuve, ciel et terre, et le succès ne se fut pas attendre : des touristes du monde entier y réservaient des chambres pour des séjours, vacances, weekends plusieurs mois à l'avance. Coquillages, crustacés et fruits de mer…garantis !

 

Ce fut une belle époque ! Mais aujourd'hui, cette embouchure est ensablée, y créant un énorme goulot d'étranglement, avec flux et reflux des trois eaux à leur croisement. Et si on y ajoute les effets du réchauffement climatique, avec comme corollaire l'érosion côtière, cet endroit autrefois paradisiaque est à ce jour dans un triste état comateux. L'hôtel Bandama Lodge a disparu sous les eaux, la parcelle de terre séparant l'océan Atlantique et la lagune Tagba s'amincit d'année en année, l'érosion côtière étant assez forte côté océan. Mesurant plus de 2 kilomètres de largeur dans les années 60, aujourd'hui cette bande terre ne fait même plus 300 mètres. Catastrophe imminente !

 

Heureusement que les bordures du fleuve et de la lagune ne sont pas touchées par ce phénomène, tout en offrant un excellent potentiel touristique, hôtelier et de loisirs, qui pourrait être développé pour compenser les dégâts constatés de l'autre côté, le #Tourisme VERT y ayant une place de choix.

 

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