Anne Hildalgo, qui a interdit la traversée de Paris à tout véhicule de plus de 20 ans en semaine, savait-elle que son homologue londonien, Sadiq Khan, allait renforcer la taxe sur traversée de Londres pour tout véhicule mis en circulation avant 2005 ? Et même étendre la zone soumise à péage (depuis 2003, le péage a été instauré, et son coût est passé à 13,50 Euros, au cours actuel).

 

En région parisienne, l’interdiction de circuler dans Paris pour tous les véhicules anciens (deux roues motorisés inclus) a fortement mécontenté les conducteurs concernés. En particulier les possesseurs de petites cylindrées comparant leur niveau de pollution avec celui de véhicules plus récents mais beaucoup plus puissants. Et pourtant… Ce n’est sans doute qu’un début, d’autres mesures interviendront, et en la matière, Londres risque de passer pour la référence.

 

Les différences entre Paris et Londres, à cet égard, sont frappantes. Déjà, la ville de Londres est plus étendue, et le péage, qui s’était appliqué aussi au (très) Grand Londres – Boris Johnson, l’ex-maire, avait restreint l’extension de la zone soumise à la taxe – verra son périmètre s’étendre encore davantage. Il reste pour le moment restreint à une "London Congestion Charging Zone" moins vaste que Paris intra-muros. Sadiq Kahn, le nouveau maire, veut rélargir la zone Ulez (ultra-low emissions zone) aux autoroutes contournant le Grand Londres (les North & South Circular Roads). Déjà, le tarif du péage actuel passera de 11,50 à 12,50 Livres (près de 15 Euros au cours actuel, plus avantageux depuis le Brexit). Les touristes peu au fait de cette disposition risquent surtout de devoir régler 195 £ par jour, soit le maximum de l’amende si le règlement n’intervient pas avant 28 jours.

 

Mais à cette taxe quotidienne s’appliquant à pratiquement tout véhicule devrait, pour les véhicules mis en circulation avant 2005, s’ajouter un "supplément pollution" de 10 £ (soit 22,50 £, plus de 26 €). Il avait un temps été question d’imposer surtout les véhicules à moteur diesel.

 

Car, depuis 2001, en raison de dispositions fiscales avantageant notamment les constructeurs européens de véhicules diesel, leur proportion a fortement évolué : le nombre des motorisations diesel a plus que doublé en 15 ans outre-Manche.

 

Actuellement, le péage s’applique à tout véhicule non exonéré à essence ou diesel circulant dans Londres (propriétaires résidents non-exonérés inclus) de 7 à 18 heures en semaine (pour Paris, l’interdiction de circuler s’applique de 8 à 20 h pour les véhicules anciens). Ne pas régler avant minuit expose à une première majoration, qui devient ensuite fortement progressive. Même la voiture officielle américaine véhiculant Barak Obama en visite officielle s’était fait épingler par les caméras de surveillance, fixes ou mobiles, omniprésentes. Les touristes étrangers, circulant à bord de leur propre véhicule ou d’un autre, de location, ont tout intérêt à se renseigner soigneusement.

 

Dès l’an prochain, le péage de base sera aggravé pour tous les véhicules non-électriques mis en circulation avant 2005. D’ores et déjà, mieux vaudra circuler en infraction à Paris (amende de 35 € à partir d’octobre) que de se risquer à ne pas régler, dès à présent, le péage de Londres dans la journée. Le maire de Londres n’a pas déjà évoqué un alourdissement des amendes pour retard de paiement, mais cette augmentation semble implicite. Et d'autres mesures de lutte contre la pollution automobile ne semblent pas à exclure.

 

Déjà, 230 agglomérations européennes appliquent de tels dispositifs et ce nombre devrait s’augmenter de grandes villes françaises disposées à suivre l’exemple de Paris, d’une manière ou d’une autre… #Automobile #Ecologie #Royaume-Uni