Bourse à Pasteur

Non ce n’est pas une insulte, mais une « mauvaise herbe » ou adventice. Ces plantes indésirables ont un rôle dans l’écosystème. Mais qu’est-ce qu’elles prolifèrent ! Il y a 220 espèces en France. S’adjoignant à une communauté, ces « herbes folles » visent les écosystèmes riches en nutriment. Parfois parasites, parfois nuisibles, parfois denrées alimentaires, parfois toxiques pour l’homme et les animaux ; elles ont pu être éradiquées des campagnes de culture. Si elles peuvent détériorer la qualité d’une production agricole, elles ont à l'inverse une utilité indéniable dans la biodiversité. Autant dire leurs qualités : engrais, fourrages, aliments, teintures ou médicaments. Pourquoi pas manger une soupe d’orties ?

 

PLAN ECHOPHYTO de 2008 un peu lent, mais relancé en 2015 sur l’Echophyto 2

Malgré le plan « Echophito » de 2008 qui visait à réduire l'utilisation de ces produits nuisibles à la santé des consommateurs et particulièrement à celles des agriculteurs directement concernés ; on stagne. Quel est notre pire ennemi ? Les pesticides dits « produits phytosanitaires » ou les mauvaises herbes, les insectes  ? Une partie des agriculteurs les ont vu uniquement comme un danger à éloigner voire détruire par les pesticides. Présents dans l'#Agriculture depuis les années 60, comme une solution facile et efficace ; la  France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. Cet usage dont on a du mal à sortir a son lot d'effets sur l'écosystème comme la pollution des rivières. Sur Basta, un magazine en ligne, un agriculteur témoigne : « Quand ils ont supprimé l’atrazine (un herbicide, ndlr), je me suis demandé comment j’allais faire. Je ne savais pas, je ne savais plus que l’on pouvait désherber autrement qu’avec un pulvérisateur ». Peut-on dire adieu à ces produits qui allègent le travail des agriculteurs ? Peut-t-on se diriger vers un changement des pratiques agricoles ? Le toxique est dans nos assiettes et peut causer des malformations congénitales, des cancers ou maladies neurologiques. Le Plan Echophyto 1 n’a été qu’une incitation, partiellement échouée. On encourage le rendement particulièrement pour le blé et le colza dont le prix d'achat est élevé. Pourtant le consommateur, conscient de l'importance de ce qu'il mange, adopte le Bio sans pesticide. L'absurdité est que la santé des individus est impliquée à un degré variable selon l'exposition à ces substances chimiques et cela ne freine pas le business de l'agriculture.

 

L'agriculture moderne

Il y a des méthodes de culture nouvelles qui limitent les herbicides. La permaculture laisse le plus de place possible à la nature dite « sauvage ». On pratique une fertilisation localisée pour donner un avantage à la plante cultivée. Autre méthode saine : la densification des cultures. Amoindrie en lumière, la croissance de la mauvaise herbe est contrôlée. Que les plantes soient ! La protection de la biodiversité et cette propension depuis la fin du XXème siècle à se sentir concerné par un développement sur le long terme, nommé communément « développement durable » ; ré-envisage l’environnement  comme un bien commun à préserver. Envahis mon potager, je te transforme en bière. Non ce n'est pas un sort. Le chiendent peut être utilisé pour une décoction bienfaisante, émolliente. Et une bière excellente. Outre ce plaisir culinaire et ces propriétés médicinales ; la sauvegarde de la biodiversité implique potentiellement des nouvelles pratiques chez les agriculteurs et de nouvelles activités professionnelles. Cet intérêt pour l'écosystème amène au premier plan les connaissances biologiques, la recherche, la protection de la diversité, la  gestion des espaces qui sont de potentiels nouveaux secteurs d’activités que Echophyto 2 met en avant dans son programme.

Dans le système économique actuel, où le client veut du bon avec aucune erreur, modérer le rendement maximum, est-ce la solution pour manger mieux et sainement ?