Du 1er au 10 septembre à Honolulu (Hawaii), les chercheurs de l’UICN – Union internationale de conservation de la nature – se réunissaient, comme tous les 4 ans, pour alerter les gouvernements sur l’impact de l’activité humaine sur la biodiversité des océans. En parallèle avait lieu le Sommet pour l’océan au siège de l’ONU à New-York, qui devait aboutir à la signature par les nombreux chefs d’état d’un traité de protection des océans.

 

Obama agrandit une réserve marine pour protéger l’écosystème hawaïen

À l’occasion de ce sommet, le 1er septembre, le président des États-Unis a acté l’agrandissement du périmètre de la réserve marine de Papahanaumokuakea, dans l’archipel d’Hawaii : celle-ci s’étend désormais sur 1,51 million de km2 1. Alors que l’un des rapports issu du congrès de l’UICN démontre que « depuis 1970, 93 % du réchauffement de la planète dû aux activités humaines aurait été absorbé par les océans 2 », cette nouvelle est la bienvenue. En effet le réchauffement des océans provoque la migration vers le nord de certaines espèces marines, ce qui entraîne d’importantes difficultés de reproduction pour ces espèces et leurs prédateurs naturels. Les réserves marines permettent, sur un périmètre délimité, de protéger la faune et la flore de toutes les activités humaines dont elles souffrent dans les océans du monde entier : acidification de l’eau due au réchauffement, surpêche, extraction minière et pétrolière, agriculture industrielle

 

Les réserves sont une solution durable à reproduire

Selon l’organisation internationale #Greenpeace, « Deux tiers de nos océans se situent en dehors de tout contrôle étatique, c’est ce que l’on appelle la haute mer. La législation permettant la protection de ces régions est lacunaire et les océans en souffrent. 3 » Les réserves permettent aux espèces protégées de se reproduire, et accélèrent la reconstruction de la biodiversité marine en quadruplant la biomasse de la faune et de la flore sou-marine du périmètre. Ces organismes deviennent également plus résistants aux pollutions et emmagasinent du carbone. Enfin, les populations locales peuvent à nouveau s’adonner à une pêche raisonnée et retrouver ainsi une activité que la pêche industrielle avait contribué à faire disparaître.

 

L’UICN alerte sur les risques et fait ses recommandations aux gouvernements

Outre la diminution du « stock » de poissons dans les eaux tropicales, le rapport signale également que le réchauffement climatique augmente les risques de diffusions des maladies animales et végétales dangereuses pour la santé des humains, ainsi que le nombre d’ouragans. Enfin, le rapport prévient que la manipulation des gênes perturberait gravement le fonctionnement des écosystèmes. Le congrès s’est conclu sur les « Engagements d’Hawaii », parmi lesquels est mise en avant la protection de la biodiversité : « [l’importance] des océans du monde pour la conservation de la biodiversité »  ; et « la menace à la biodiversité issue de la disparition de l’habitat et des espèces exotiques 4 ». La responsabilité des peuples autochtones et le respect de la nature plutôt que l’agriculture industrielle sont, entre-autres, évoqués.

Si ces conseils n’engagent aucun état, l’UICN espère qu’ils auront un impact à la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies qui aura lieu en fin d’année. Les gouvernements se sont déjà engagés à protéger 10 % des eaux côtières et des zones maritimes d’ici à 2020 5.

1 Le président #Obama crée la plus grande réserve marine du monde, (1/09/16), greenpeace.fr

2 Le réchauffement des océans affecte déjà tous les écosystèmes, prévient l’UICN, Marie Astier, (12/09/16), reporterre.net

3 Op. cit., greenpeace.fr

4 Les Engagements d’Hawaii, IUCN, in op. cit. reporterre.net

5 Op. cit, greenpeace.fr #environnement