Classé 5, maximum, puis 4, 3, 2 et à présent 1. Mais toujours dévastateur. Après avoir été meurtrier à Haïti (une centaine de morts recensée, puis deux, trois, quatre… et maintenant près d’un millier), il ne lui est attribué que six morts en Floride (hier matin, cinq, voici peu, dix). Pourquoi ? D’un, le centre de l’#Ouragan Matthew n’a frappé directement le continent qu’à McClellanville (SC), léchant auparavant la côte. Deux, le différé, encore le différé, toujours le différé, d’un bilan qui s’alourdira jusqu’à mardi et au-delà.

S’éloignant, Matthew sévira encore

L’expression « le cœur du cyclone » frappe les esprits. Parce que le centre de l’ouragan a survolé Haïti, le bilan est catastrophique. Non pas en raison de ce qu’il a par lui-même provoqué, mais du fait de ce qu’il dévaste en périphérie. En raison de la force des vents, surtout de l’onde de tempête, relevant le niveau de la mer, et essentiellement, plus largement, du niveau des précipitations. Matthew est déclassé au niveau un, le plus bas ? Cela n’épargnera guère la Caroline du Nord, même lorsqu’il reprendra le large. Imaginez qu’il a frôlé la côte de la #Floride jusqu’à (demain), sans doute, Jacksonville (NC), voire Hatteras, et qu’il ne soit plus qu’un orage tropical limitera les dégâts, mais pas du tout autant qu’on ne l’imagine. C’est jusqu’à 200 km sur le pourtour, en fonction de la configuration du terrain (collines, montagnes, plaines…), que les dégâts liés à la conjonction des marées hautes et de l’onde de tempête, et surtout aux précipitations (influant sur les débordements de fleuves, lacs, plans d’eau et rivières), s’aggravent. Ce, jour après jour. Le différé du constat des dégâts, car observateurs et services de secours ne peuvent que se référer aux images des satellites en pleine action de l’ouragan, couvre des jours, des semaines, des mois. Ce n’est qu’à présent que la Floride réalise l’étendue immédiate du désastre, ou qu’Haïti, Cuba, les Bahamas, procèdent à des estimations sur le court terme (trois mois), le moyen terme… Prendre des images en pleine tourmente ? La caméra thermique est quasi-inopérante…

Charleston encore dans le noir

Charleston (SC), comme Saint-Augustine (Fl), sont très loin derrière à présent. Et Charleston reste dans le noir. Certes, ce samedi soir, à 23 h (Paris), il n’y avait plus que 300 000 foyers dont l’électricité est coupée. Ces deux plus vieilles villes étasuniennes mettront des années à se remettre des autres dégâts. En Floride, il n’y a plus qu’un million de foyers dans le noir. Ce n’est l’écume des choses. Même déclassé à un, Matthew sera ravageur en Caroline du Nord et songez qu’il aura parcouru 800 km le long des côtes, frappant à plus de 200 km dans les terres. Pat McCrory, le gouverneur de la Caroline du Nord, prévoit : « les plages, c’est une chose ; mais c’est à l’intérieur des terres que nous pouvons avoir des pertes de vie ». Dimanche, vers 02:00 (locales), aux environs de Wilmington, Matthew s’éloignera de la côte. Mais Jacksonville (NC et non Fl, son homonyme dévastée) sera peut-être, à 80 km, plus touchée que Surf City (sur la côte, à mi-distance). La New River (un fleuve), et sa baie, Camp Lejeune, la centrale électrique, la base aérienne des Marines, vont subir, autant que la ville, de lourds dégâts. Ce n’est que vers 20:00 (locales), dimanche, que le danger s’éloignera vraiment. Voyez les images du pont de Charleston, qui a tenu, mais reste fermé et sous inspection, pour tenter de comprendre ce que le passage de Matthew implique à long terme, même si rien n’apparaît pour l’instant. Ah, le bilan humain vient de s’alourdir. On compte « au moins » trois morts de plus en Caroline du Nord. Bilan provisoire : dix donc. Comme en Haïti, on découvrira encore des cadavres. En termes – comparatifs – humains, ce n’est rien, dix contre un millier. En termes économiques et d’infrastructures, le bilan sera plus lourd aux États-Unis qu’en Haïti. Wait & see. Stay tuned. Le réchauffement climatique va vous taper au portefeuille#Etats-Unis