L’ouragan, après avoir provoqué près de 290 morts en Haïti et aux Caraïbes (bilan très provisoire), remontait dans la nuit d’hier le long de la côte sud-est des États-Unis, ayant couvert Nassau et frôlé l’extrémité d’une île des Bahamas, à l’ouest de Freeport. Il progresse à 22,5 kmh, avec des forces de vents de 230 kmh. Il épargnerait une faible partie de la pointe sud de la Floride mais remontera presque jusqu’à la Caroline du Nord, avant, en début de semaine prochaine possiblement revenir sur la Floride depuis le large. Il n’est plus exclu qu’il puisse revenir sur Miami en milieu de semaine. C’est du moins ce que la modélisation de la nuit dernière laissait présager.

Évacuations étendues

Qui n’est pas frappé par des ordres d’évacuation (les zones d’évacuation volontaire ont été étendues) tente de protéger ses biens.  Mais le prix des panneaux de bois à clouer ou river a plus que doublé, passant de 20 à 45 $. Pour la Floride, près de 30 comtés seront affectés. Les évacuations depuis la Floride ont été marquées par quelques incidents, dues à des pannes de carburant car progressivement, les pompes, prises d’assaut, n’ont pu être réapprovisionnées. Au total, près de 12 millions d’habitants seraient touchés. Les villes portuaires, comme Jacksonville ou Charleston, souffriront gravement. Mais celles aussi loin des côtes comme Charlotte seront aussi affectées. Le revirement vers le large est prévu un peu au sud de Raleigh, vers Myrtle Beach, mais la localisation peut évoluer. Le niveau de la mer est monté à Dayton Beach, recouvrant pratiquement toutes les plages. Le service national de la météo estime que des localités seront rendues « inhabitables pour des semaines, voire des mois ». Le gouverneur de la Géorgie a aussi déclaré une zone d’évacuation impérative, tout comme celui de Caroline du Sud. C’est donc plus de 2,5 millions de personnes qui ont été sommées d’évacuer (mais d’autres sont fortement incitées à le faire). La plupart des hôtels des zones limitrophes du parcours étaient déjà pleins, comme à Atlanta, et des locaux ont été prévus pour qui ne pourrait s’abriter pour passer les deux ou trois nuits prochaines. L’état d’urgence a aussi été déclaré en Caroline du Nord. Près de 3 000 vols de compagnies aériennes ont été annulés. Le parc de Disney en Floride restera fermé comme le Sea World d’Orlando, des centaines de manifestations (sportives ou autres) ont été annulées. Déjà, vers 4 h (de Paris), ce vendredi, les vents provoquaient des coupures de courant : cela pourrait toucher près de cinq millions de foyers.

Les secours s’organisent

Des secouristes, mais aussi des électriciens, d’autres personnels spécialisées, affluent ; ils viennent de nombreux États (ainsi des électriciens du Missouri). L’ouragan reste classé en catégorie 4 (sur 5). La presse reste en alerte d’heure en heure et CNN donne des nouvelles fréquentes (pour le moment, surtout sur les évacués). La situation pourrait s’aggraver : un autre ouragan, Nicole, pourrait interagir. La force des vents pourrait fléchir à 145 kmh, samedi vers 14 h (locales), au niveau de Charleston. Selon le service national de météo, cet ouragan pourrait être le plus terrible à frapper la Floride depuis 118 ans. L’onde de tempête (la marée) pourrait monter à 3,35 m selon une estimation officielle. C’est le plus souvent ce qui provoque le plus de décès. La zone la plus frappée serait celle de #Cape Canaveral. Les dégâts au Kennedy Space Center seraient colossaux, selon un expert (116 employés sont déjà affectés à un bunker). La garde nationale des quatre États touchés est en alerte. Le couvre-feu est instauré dans de nombreuses localités de Floride jusqu’à 7 h (locales) samedi. Les dégâts vont être énormes du fait des vents, mais aussi des pluies (304 cm envisagés) dont l’eau sera difficile à évacuer. Tous les météorologues s’accordent : ce sera sans doute le plus dévastateur des ouragans, surpassant en coûts – humains et matériels – ceux de Katrina (2005), Andrew (1992) et Ike (2008). #Ouragan Matthew #Etats-Unis