Une fois encore, les apiculteurs Ardéchois et Drômois et leur Président donnent l'exemple. Pour sauver les abeilles, ils prennent en main le sanitaire, traditionnellement considéré comme "une chasse gardée" de l'Etat Français et de l'administration des services vétérinaires. La création d'une section sanitaire apicole spécialisée avec l’obtention de la mention abeille va très vite. Suite à diverses demandes d'apiculteurs des secteurs de Tain-L'Hermitage et de Tournon-sur-Rhône, le président du syndicat l'Abeille Ardéchoise et Drômoise organise une première réunion. Puis, avec les membres présents, il lance une section sanitaire, afin de mieux former les apiculteurs aux techniques sanitaires, dans le cadre de cours gratuits. Une nouvelle réunion sera organisée à Tournon d'ici la fin de l'année pour désigner un président et définir un calendrier des formations.

L'état abandonne la santé de l'abeille

Cette première section sanitaire d'un syndicat apicole en France veille aussi à obtenir des médicaments (apistan pour lutter contre le varroa, micro-organismes pour des traitements bio, etc) à des prix de gros à tous les adhérents, tout en formant des bénévoles pour la détection des loques et autres pathologies, dans le respect de la biodiversité. Cette action résulte de la réforme imposée par l'Etat, voici deux ans, des structures sanitaires (les GDS apicoles ont été remplacés par des OVS, structures départementales uniques regroupant les bovins, ovins, caprins, porcins, abeilles, etc).

L'initiative de l'administration Française a semé le trouble et la confusion chez les apiculteurs. D'où la constitution de sections spécialisées au sein des syndicats d'apiculture et de défense de l'apiculture. Les sections sanitaires apicoles, nouvellement créées, se consacrent à 100 % aux abeilles, via le sanitaire, la détection de la varroase, des maladies et la formation des adhérents.

L'Abeille Ardéchoise et Drômoise, syndicat de défense des apiculteurs professionnels, pluriactifs et familiaux, affilié à L'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF) et à la FARA (Fédération des Apiculteurs de Rhône-Alpes), aide et encourage à la création de sections sanitaires apicoles, à taille humaine, dans les bassins de vie, où les apiculteurs se connaissent et travaillent ensemble, afin d'enrayer la disparition des abeilles.

15 000 apiculteurs en moins en France

Le combat pour la survie de l'apiculture est vital, y compris en Ardèche et dans la Drôme. Dans la France de mon enfance, les abeilles étaient logées dans des bénons, des paniers en paille, dans le jardin de l'antique école, où l'instituteur veillait sur elles et dans le potager du presbytère où le curé, en soutane, pratiquait l'apiculture entre messes, vêpres et confesse. Elle proliféraient, essaimaient. L'#Agriculture était peu mécanisée et utilisait rarement des insecticides et des pesticides.

Aujourd'hui, malgré le combat quotidien porté par l'UNAF, 70 % des abeilles ont disparu de France. Et la France a perdu 15 000 apiculteurs sur 80 000 ces dix dernières années. Les sections sanitaires apicoles visent à stopper cette hémorragie et relancer un secteur au coeur de la biodiversité. Elles constituent un atout sanitaire pour aider chaque apiculteur professionnel, pluriactif, ou maintenir en vie les ruchers familiaux de quelques ruches, souvent implantés dans les jardins des villageois. #Santé #Biodiversité