Consacrer une journée aux rencontres de l'alimentation durable, la première du genre, marque un début prometteur. A l’institut Pasteur, à Paris, cette journée a été organisée le 8 novembre par la Fondation Daniel et Nina Carasso. Un jour pour réunir le public, les innovateurs et décideurs.

Le contexte : un monde en proie à tous les excès, des chefs d’Etats ou délégués de 195 nations actuellement en train de plancher sur l’avenir climatique à l’occasion de la COP22 à Marrakech. Globalement, quand on parle de 'sustainable development' (développement durable), on ne peut se limiter au réchauffement climatique. Il faut aussi prendre en compte la menace qui pèse sur les ressources du sol nourricier. A l’échelle mondiale, dans les régions tempérées les sols sont surexploités par une #Agriculture intensive: la conséquence étant leur contamination par des déchets de l’industrie.

Lutte anti-gaspillage alimentaire

Dans les régions tropicales, les sols dénudés par la déforestation ou le surpâturage s’érodent. Conséquence : la désertification de régions entières. Ajoutons au paysage, les dégâts liés à l’élevage : il est à lui seul, à l’origine de près des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine agricole et de 78% des émissions agricoles de méthane. Afin d’endiguer ces phénomènes, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture collabore avec les pays afin d’améliorer la gestion et les conditions d’élevage. Depuis 2010, la FAO porte une attention croissante à l’impact environnemental de la production et de la #Consommation alimentaires : « Avec une population mondiale qui atteindra 9 milliards d'habitants en 2050 et compte tenu des ressources de plus en plus limitées et dégradées, il est plus nécessaire que jamais de produire davantage et de manière durable. » Afin de lutter contre ces deux fléaux extrêmes que sont le gaspillage et la sous-alimentation, la FAO préconise "un changement en faveur de systèmes et de régimes alimentaires durables ".

Ces recommandations incitent à consommer davantage d’aliments d’origine végétale. Mais aussi, à lutter contre le gaspillage alimentaire, consommer uniquement des poissons issus de la pêche durable, diminuer notre consommation de viande rouge et de viande transformée, et de boissons gazeuses sucrées. Les régimes alimentaires durables sont ceux qui occasionnent un faible impact sur l'environnement.

Penser la durabilité

Pour ces premières rencontres de l’alimentation durable à Paris, l'enjeu est de proposer des solutions pour penser la durabilité, de la fourche à la fourchette. Restauration collective, agro-écologie, économie circulaire, politiques alimentaires locales, modèles économiques solidaires. Parmi les intervenants, se sont succédé Claude Fischler (Centre Edgar Morin, Institut d’Anthropologie, EHESS/CNRS), Damien Conaré(Secrétaire général, Chaire UNESCO Alimentation du monde, Montpellier Supagro), qui s’est interrogé sur: "L’alimentation locale, effet médiatique ou stratégie d’avenir?". Enfin, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et porte-parole du gouvernement, a clôturé les débats. Parce qu’il y a urgence en la matière, parce que les sols ne sont pas inépuisables, les événements tels que la journée organisée ce 8 novembre, la journée mondiale de l’alimentation le 14 octobre, ne sont pas de vaines initiatives, mais autant de prises de conscience collectives. Durables, s'entend... #Climat