Marrakech, 7 novembre 2016, la Cop 22 ouvre ses portes. Paris passe le témoin et l'annonce : elle "sera centrée sur la mise en œuvre de l'accord de Paris". L'enjeu est de l'appliquer. Car si les demandes sont nombreuses, aucune sanction n'est invoquée en cas de non application. Les gouvernement sont donc habilités à prendre les mesures nécessaires. La question se pose : Les États sont-ils seuls décisionnaires de la mise en œuvre (ou non) de projets environnementaux ? N'est-ce pas aussi le rôle du citoyen de s'emparer de ces questions globales ? Focus sur la permaculture, un moyen qui rassemble, crée du lien et redonne espoir !

"Perma" pour permanente s'associe à culture. La culture permanente. Permanente, c'est à dire ? On ne s'arrête plus ? Et bien non. Le jardinier permaculturel à pour vocation de devenir un expert des écosystèmes. Il cherche à comprendre et à reproduire les nombreuses interactions qui existent de plantes à plantes ou d'insectes à plantes. Ces processus naturels servent au développement de l'écosystème, c'est-à-dire à la valorisation et à la coordination de l'ensemble des acteurs présents dans une zone. Quand certaines plantes vont fixer dans le sol une molécule dont leurs voisines raffolent, d'autres vont repousser des insectes ravageurs. Ainsi les plantes peuvent s'accorder entre elles ; mais attention, elles peuvent aussi se gêner. C'est alors qu'entre en scène le jardinier permaculturel. "Je vais agencer ces plantes pour qu'elles s'entre dynamisent" se dit-il. Et de dessiner son jardin, et de planifier un calendrier de culture. Alors il se met au travail. Et, fort de bêche et de râteau, de paille et de bois décomposé, il modélise son espace. Il transforme cet espace quelconque en une terre d'accueil pour la biodiversité légumière. Il envisage, enfin, son autonomie alimentaire

La permaculture : une culture saine et indépendante

Car si la permaculture a besoin de son jardinier pour l'agencer, elle a pour vocation l'autonomie. Outre un rendement par mètre carré de production élevé, elle promet à son créateur une réduction du temps de travail. Celui-ci devra toujours veiller aux semis des nouveaux plants, aux désherbages nécessaires pour que les plantes respirent. Il prendra garde aux mauvaises associations de plantes, tachera d'éloigner les envahisseurs. Il veillera à la taille, soignera le paillage et n'oubliera certainement pas de cueillir le fruit de son travail. Mais plus sa terre s'enrichira en nutriments, plus elle nourrira les plantes, plus ses associations s'accorderont, plus son écosystème se renforcera et plus il sera productif. D'année en année, sa production de légumes augmentera, jusqu'à l'autonomie complète.

On pourrait croire à un mythe, pourtant ces jardiniers existent déjà. Joseph Chauffrey en est un. Après trois ans de mise en place, de réflexion, et d'entretien, son jardin de 25m² lui a apporté, l'année dernière (septembre 2015), 300 kg de légumes ! Une production suffisante pour effacer définitivement de l'ardoise des dépenses la ligne fruits et légumes. De nombreux exemples similaires existent à travers le monde, d'initiatives consacrées à une production alimentaire saine, productive et respectueuse de l'environnement. Ils sont les preuves que les États ne sont pas les seuls à pouvoir proposer des solutions aux enjeux climatiques. Aux citoyens de se saisir de ces questions en mettant les mains dans la terre ! #Agriculture #Ecologie #Climat