La France vit actuellement une des plus grandes catastrophes écologiques de son histoire. Des centaines de milliards d'abeilles ont été décimées ces dix dernières années. Les responsables de ce "Verdun de l'apiculture" ? Les insecticides et pesticides déversés à outrance sur les vergers et les cultures, y compris lors des périodes de floraisons. Les acteurs de l'#Agriculture française semblent avoir privilégié le tout insecticide au bio. En ma qualité de structures régionales de défense des apiculteurs et des abeilles, aux ordres des multinationales des pesticides et insecticides, j'ai tenté, voici quelques semaines, un dernier recours. J'ai adressé un SOS au Président de la République, François Hollande.

M'autorisant des relations amicales que nous avions nouées en Corrèze lorsque j'étais directeur de la FDSEA, je pointe du doigt le ministre défaillant au sein du gouvernement Français : "Dans une incompréhension générale, Stéphane Le Foll a tenté de faire passer auprès des parlementaires des mises sur le marché dérogatoires des insecticides "tueurs d'abeilles" à base de néonicotinoïdes, qui foudroient les abeilles en quelques secondes sur les fleurs de colza, de tournesol, sur le maïs. Aucune étude sur la santé humaine, pour les consommateurs qui utilisent les huiles ou le maïs, n'a été ordonnée par les services du Ministère de la Santé. "Les parlementaires socialistes et quelques rescapés clairvoyants de la droite ne l'ont pas suivi ! L'interdiction a été votée, mais cette interdiction n'entrera en vigueur qu'en 2020. Entre temps, 500 000 à 1 million de colonies d'abeilles auront été détruites, avec les drames professionnels et financiers que cela génère pour les apiculteurs professionnels français. Pourriez-vous intervenir énergiquement, comme vous le faisiez en Corrèze, afin que les décisions d'interdictions, votées par les deux assemblées, soient mises en oeuvre dès le printemps 2017 ?"

Insistant sur ma qualité de Président élu des apiculteurs de l'Ardèche et de la Drôme, représentant 3 980 apicultrices et apiculteurs constituant un excellent maillage, je détaille la catastrophe en cours : "Se posent de graves questions environnementales concernant nos deux départements de l'Ardèche et de la Drôme, mais aussi le département de l'Isère et celui de la Savoie. En effet, depuis le début de l’année, une très grande partie de nos adhérents se retrouvent confrontés à des traitements phytosanitaires de très grandes ampleurs contre la mouche du brou du noyer et la chrysomèle du maïs".

Le Président de la République : dernier recours

"Sur quelles bases de connaissances scientifiques se justifient l’utilisation excessive des doses d’application de la deltamétrine utilisée à 20 gr de matière active par hectare, quand le fournisseur préconise seulement 12.5 gr/ha, et quand l’obtention de la mention abeille est à 7.5 gr/ha ? Nous aimerions comprendre et connaître votre point de vue quand les doses imposées aux agriculteurs par vos services sont le triple de la mention abeille et quasiment le double de la préconisation du fabricant. Ne trouvez-vous pas qu’il y a une contradiction flagrante avec votre message sur la protection de l’environnement du plan Ecophtyto2018 et du Grenelle de l’Environnement ?". Certains de nos adhérents ont subi des pertes avec 7 pesticides. Pourquoi le tout chimique est-il choisi en priorité quand une solution plus respectueuse de l’Environnement, telle que la rotation des cultures, est préventivement et curativement possible ?...

Un collaborateur de l'Elysée m'a informé, voici 72 heures, que le Président Hollande avait été sensible au message de détresse des apiculteurs. Qu'une réponse était en cours de préparation. Le Président de la République va-t-il enfin prendre la défense des apiculteurs français ? Et sauver les dernières abeilles de l'hexagone ? Des abeilles qui se cachent pour mourir en silence ! Et ne parlons même pas de la biodiversité ! #Biodiversité #Ecologie