#Donald Trump vient de nommer à la tête de l’EPA (Environmental Protection Agency) son plus pugnace adversaire, l’ex-ministre de la Justice de l’Oklahoma, #Scott Pruitt, 48 ans, le contempteur des mesures environnementales de la présidence de Barack Obama. Scott Pruitt est aussi considéré totalement à la solde du secteur des industries d’extraction des ressources fossiles d’énergie (charbon, pétrole, gaz de schiste) par toutes les ONG écologistes. En tant que ministre de la Justice de l’État d’Oklahoma, l’essentiel de son activité a consisté à entraîner 28 États dans une action judiciaire pour permettre aux centrales électriques au charbon de s’affranchir des normes de l’Agence de protection de l’environnement. Cette nomination intervient alors que la mobilisation contre la progression de la construction d’un oléoduc au Dakota du Nord vient d’obtenir de l’administration fédérale une modification du tracé, à défaut de l’abandon du projet dans lequel diverses banques françaises participent.

Sortie de l’accord de Paris

Donald Trump s’est aussi déclaré pour la sortie des États-Unis de l’#accord de Paris sur le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (les États-Unis sont le second producteur mondial après la Chine). Scott Pruitt est l’un des plus tonitruants négationnistes du réchauffement climatique. Alors que même des climato-sceptiques tel Claude Allègre reviennent sur les plus outranciers de leurs dires à propos des interactions entre l’action humaine et le climat, les productivistes nord-américains nient toute interférence. Dans un premier temps, Donald Trump avait nommé Myron Ebell directeur provisoire de l’EPA. Lequel était déjà le pourfendeur du ‘’mythe du réchauffement climatique’’ et un ancien stipendié de l’industrie du tabac. C’était déjà, pour les associations et ONG écologistes, ‘’un incendiaire dirigeant les sapeurs-pompiers’’. Scott Pruitt est tout aussi virulent. Sa nomination doit être entérinée par le Sénat et les sénateurs sont déjà l’objet de pressions pour ou contre une ratification. Pour Donald Trump, les choses restent claires car ‘’le réchauffement global est un concept conçu par et pour les Chinois’’.

À cela s’ajoute une dimension quasi-religieuse : la parabole des talents des évangiles est interprétée telle une incitation à s’enrichir le plus possible en faisant ‘’fructifier’’ la terre et ses toutes ses ressources par tous les moyens. Le ‘’croissez et multipliez-vous’’ vaut feu vert à obtenir une main-d’œuvre abondante et moins chère. Contre l’avortement, contre le moindre frein à l’exploitation intensive (dans les domaines agricoles ou d’extraction en particulier), Donald Trump considère encore que ‘’le ciel est la limite’’. Parmi ses candidats potentiels pour le ministère des Affaires étrangères figure aussi Rex TIllerson, le PDG d’ExxonMobill (second producteur mondial derrière la Shell, avec pour marques Exxon, Esso, Mobil et divers compagnies pétrochimiques). La crainte des associations et ONG est que le budget de l’agence soit considérablement réduit et totalement consacré à influencer les décisions des autres pays en matière de (non-)protection de l’environnement au détriment de la planification et des contrôles des émissions de polluants qui seraient de plus en plus déléguées aux divers États sans supervision. Seul contrepoids auprès de Donald Trump, le lobby des assureurs, de plus en plus inquiets des répercussions des perturbations climatiques.