Le développement hôtelier à l’iîe Maurice est en train de causer la destruction de la biodiversité. Il met en danger les lagons qui ont fait la réputation de l’île, dont le Parc Marin de Blue-Bay, zone protégée par la Convention Ramsar. Les conséquences sont catastrophiques pour la biodiversité déjà très menacée comme, entre autres, la destruction de dunes de sable millénaires, la disparition de lieux de ponte des tortues marines, ou encore, la mise en danger du site paléontologique de Mare aux Songes qui abrite, notamment, des ossements du Dodo, oiseau endémique et emblématique de l'île aujourd’hui disparu.

21 hectares de plages dont des zones officiellement classées et allouées pour la défense du patrimoine naturel, ont récemment été retirés du domaine public.

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Une pratique qui dure depuis environ un demi-siècle depuis que l’ile s’est lancée corps et âme dans le tourisme. L’accaparement du bien public se fait au profit d’investisseurs privés avec la complicité des gouvernements successifs. On fait état dans la presse locale et internationale de seulement 10% du littoral mauricien reconnu comme plages publiques alors que les divers hôtels et golfs en occupent 20% ; les villas et bungalows privés, historiquement appartenant à l’élite de l’époque coloniale et leurs descendants, prennent environ 40% du littoral.

Développement v/s Colonisation 2.0

Des collectifs de citoyens s’opposent ardemment, aujourd’hui, à ces projets hôteliers. Ce conflit révèle très clairement la recherche d’un nouveau modèle de développement plus humain, plus respectueux de la nature, en accord avec les aspirations des citoyens mauriciens et, surtout, créateur d’emplois décents pour la population locale.

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Un modèle loin, très loin de celui calqué sur le ‘modèle colonial’ ayant toujours la mainmise sur le pays. Démontrant une aversion du système colonial galvanisée, aujourd’hui, par la présence de nombreux sud-africains ‘blancs’ (expatriés et investisseurs) à Maurice fuyant l’Afrique du Sud.

Quid des terres arables du pays encore grandement sous la culture de la canne. La grande majorité de ces terres appartient à cette même élite ‘coloniale’. Elles ont été pendant plusieurs décennies aspergées d’engrais chimiques, d’insecticides et autres pesticides tuant le sol et contaminant les nappes d’eau souterraines et les lagons. Cela, au nom du développement ! La protection et la préservation de la biodiversité n’est plus une option et ne pourra se faire qu’au prix d’un développement durable. Bientôt les lagons mauriciens ne seront plus que des cimetières de coraux morts, que la vie aura désertés. La perspective historique nous rappelle que le présent avec lequel l’on va devoir conjuguer l’avenir a été hérité du passé. #Ecologie #Plage