D'aucuns disent du #Nucléaire que c'est une énergie propre. Soit. Cependant, le fait est que les matières radioactives utilisées par les centrales nucléaires, nous ne pouvons pas nous en débarrasser comme cela, nous ne pouvons pas les détruire. De ce fait, il a bien fallu trouver une solution en ce qui concerne les déchets radioactifs. La voici : l'enfouissement. La plus grande partie de nos déchets est stockée en Russie, à la base de la péninsule scandinave, non loin de Mourmansk, après un acheminement par voie ferroviaire. Mais le gouvernement envisage désormais, dans un objectif d'indépendance, d'enfouir davantage sur le territoire national, ce qui n'est pas perçu d'un bon oeil du côté de ces sites.

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L'ambition gouvernementale en termes de nucléaire

Près du village de Bure, dans la Meuse, non loin de la ligne qui séparait autrefois la Lorraine de la Champagne, des travaux ont commencé pour creuser des caves où seront entreposés les barils d'uranium. Ainsi, l'aménagement d'un laboratoire souterrain par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs répond à cette demande. Ce laboratoire doit préfigurer le Centre industriel de stockage géologique. Bien qu'aucun terme n'en fasse mention dans ce nom, il s'agit bien d'un centre de stockage de déchets radioactifs, qui doit accueillir les matières les plus dangereuses du nucléaire civil. Rien de plus, rien de moins. Car, si l'enjeu n'est pas écologique, il est avant tout sanitaire : ces déchets vont mettre un temps considérable avant de perdre de leur nocivité.

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Mais, après tout, puisque personne ne vit dans les alentours, on peut se le permettre ; ainsi, le risque de cancer sera limité. L'objectif est de stocker 85 000 mètres cube de déchets dans cette cave. De plus, il ne s'agit pas seulement de déchets issus du nucléaire civil français, mais aussi de déchets issus du nucléaire militaire, et donc issus d'essais de bombe atomique.

L'opposition locale

Quelques habitants du village de Bure se sont insurgés contre ce projet gouvernemental et mènent une résistance forestière féroce, presque à la manière de nos grands-parents dans les maquis. Ce dossier rappelle également celui de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Tiens donc, le maître d'oeuvre est le même : Vinci. Vinci fait nos stades, nos autoroutes, nos aéroports, et ambitionne maintenant de se reconvertir dans le nucléaire. En réponse, dans le bois Lejuc, sous les pieds duquel se trouve le laboratoire souterrain, des barricades et des cabanes se construisent pour surveiller en temps réel l'avancement des travaux, et pour bien afficher la contestation locale. Les résistants ont donc été attaqués en justice par l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), qui finira par obtenir l'évacuation des lieux. Les locaux craignent notamment un incendie ou tout autre incident qui conduiraient les déchets à dégager leurs radiations, ce qui déboucherait sur une grave crise sanitaire. Leur combat continue.