A l'heure où tous les candidats à la présidence sont interrogés sur le versant écologique de leur programme, comme Emmanuel Macron hier devant WWF #France, chacun doit également s'expliquer sur l'avenir du nucléaire civil français. Pour les uns, c'est une énergie propre qu'il faut conserver tant qu'on ne lui trouve pas d'alternative durable, pour les autres, il faut s'en débarrasser au plus vite car elle menace quotidiennement les Français. En effet, nous vivons tous constamment sous l'épée de Damoclès, avec notre vaste parc nucléaire, d'une catastrophe radioactive, qu'elle ait pour origine une cause naturelle ou technologique. Justement, pas plus tard qu'hier, une explosion a eu lieu dans la centrale nucléaire de Flamanville, dans la Manche, alors qu'elle est en ce moment surveillée de près par l'Autorité de Sûreté Nucléaire ainsi que par EDF.

Incident limité

Depuis hier et encore ce matin, dans la presse régionale, on tente comme on peut de rassurer les Normands ainsi que leurs voisins bretons. Les témoignages sont croisés, recoupés, concernant la perception que chacun a eu de cette explosion. Car, pour les habitants de la ville, il s'agissait bien d'une " explosion." Mais, pour EDF, il s'agissait d'une simple " détonation." En tout cas, le bilan humain est limité, car l'explosion n'a fait ni morts, ni blessés. La cause de cette déflagration serait un ventilateur ayant surchauffé, qui a par ailleurs provoqué un incendie et un dégagement de fumée. Toxique ? Sans doute. Le préfet de la Manche l'a précisé : " Cinq personnes ont été légèrement incommodées par des dégagements de fumée. Elles sont indemnes. "

Pour des raisons de sécurité, l'un des réacteurs a été éteint immédiatement après l'incident. Mais cela ne signifie pas coupure de courant pour autant, car cette centrale thermique dispose d'un second réacteur resté actif même après l'explosion. Depuis quelques années, EDF en construit même un troisième pour augmenter la productivité de l'usine en électricité, et c'est justement ce dernier qui fait débat, avec les défauts constatés par l'Autorité de Sûreté Nucléaire à son sujet.

Omniprésence du risque nucléaire

De nombreuses ONG se sont insurgées sur les incidents récurrents dans les centrales thermiques nucléaires. Car, il y a à peine quelques jours, une centrale de Lorraine avait été victime de 2 incendies simultanés. Avec de tels accidents, on en déduit que les défauts persistent dans tout le parc français, et on craint une catastrophe réelle qui aurait un grave impact sur la population. Pour rassurer, EDF précise que ses réacteurs les plus précaires sont à l'arrêt, 7 actuellement, mais cela ne suffit certainement pas pour un parc constitué de plus de 30 centrales. La situation la plus préoccupante est encore l'usine de Fessenheim, située en Alsace, du côté allemand du Rhin. Jugée trop vieille et trop dangereuse, elle effraye surtout les autorités allemandes, qui ne cessent d'en demander la fermeture. C'était l'une des promesses de François Hollande en 2012, mais cela n'a pas encore été fait. Cependant, pas question, pour le moment, de fermer Flamanville, selon EDF, qui produit près de 5% de l'électricité issue du nucléaire en France.