Accusé par un groupe d’experts scientifiques de provoquer des cancers, le glyphosate semble pourtant invulnérable. L’herbicide le plus utilisé dans le monde et un des produits phares de Monsanto, provoque de vives discussions, entre ceux qui souhaitent l’interdire et ceux qui n’y trouvent rien à redire.

Un débat orageux sur le glyphosate

C’est à Bruxelles que le sort du glyphosate se joue, où l’#Union Européenne doit décider de prolonger pour 10 ans la licence après fin décembre. Un comité d’experts a été chargé de débattre sur la question. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un accord semble bien difficile à obtenir.

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La France et l’Autriche sont pour l’instant les deux seuls pays à avoir affiché ouvertement leur opposition au renouvellement de la licence du produit. En France d’ailleurs, l’utilisation du glyphosate dans les espaces publics est proscrite depuis le 1er janvier 2017 et son interdiction aux particuliers sera interdite en 2019.

Un jeu de pouvoirs

Tout commence en 2015, quand l’agence du cancer de l'Organisation mondiale de la santé classe le glyphosate parmi les pesticides cancérogènes pour l’homme. Malheureusement, le produit est une des substances agrochimiques les plus vendues dans le monde. On le retrouve notamment dans le Roundup et elle est utilisée massivement par l’#Agriculture, mais aussi dans les forêts et les jardins des particuliers.

Suite à cet avis tranché sur la dangerosité de l’herbicide, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) juge ainsi "improbable" le risque cancérigène du produit.

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Une conclusion que le Glyphosate Task Force, un lobby puissant qui regroupe Monsanto, Dow Chemical et Syngenta, félicite. À l’inverse, Michèle Rivasi, vice-présidente du groupe Verts au Parlement européen critique ouvertement l’EFSA, estimant que cette annonce "va complètement à l'encontre de sa mission première : appliquer le principe de précaution". Depuis, le conflit entre l’industrie pétrochimique et les défenseurs de l’environnement se médiatise sans que l’on sache qui va gagner cette lutte.

Vers le prolongement du glyphosate en Europe

Or, il y a urgence pour les états : au printemps 2016, faute d’un accord, la Commission européenne avait temporairement voté le prolongement du glyphosate. La semaine prochaine et en cas d’absence de consensus, la licence de l’herbicide sera de nouveau automatiquement reconduite.