Quand on voit l'évolution du monde au cours des vingt ou trente dernières années on peut se demander pourquoi l'Europe ne réussit-elle pas mieux au niveau mondial, et comment elle pourrait augmenter sa compétitivité dans le monde. Mais avant de faire le point sur ce qui manque, voyons d'abord ses atouts. L'Europe possède une jeunesse généralement qualifiée et éduquée, bien plus que le reste du monde. Elle possède d'excellentes universités et même si tous ses membres ne sont pas à égalité nombreux sont ceux qui obtiennent également des résultats honorables au classement PISA. Au classement de Shanghai elle n'est pas aussi bien positionnée mais on peut s'interroger sur la pertinence des indicateurs de celui-ci dans la mesure où il ne prend pas en compte certains aspects fondamentaux, tels que l'équité et l'accès au savoir pour le plus grand nombre.

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Dans tous les cas il est évident que l'Europe a des atouts conséquents dans le domaine de l'économie de la connaissance, même si elle n'est plus compétitive dans certains secteurs économiques. Au niveau démographique elle conserve globalement un certain dynamisme, du moins comparée à d'autres pays comme le Japon ou la Chine. Elle conserve également une attractivité suffisante pour si besoin importer de la main d'œuvre étrangère dans les domaines où sa propre main d'œuvre fait défaut.

L'Union a donc des atouts incontestables au niveau humain, alors que lui manque-t-il pour briller à nouveau dans un monde globalisé? Avant tout, elle manque de temps dans un monde où tout s'accélère. L'économie numérique n'attend pas et la prise de décision en Europe reste bien trop lente.

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Elle manque de temps aussi car elle ne peut se permettre d'attendre la prochaine génération pour cultiver la citoyenneté et les innovations européennes, elle doit le faire maintenant mais elle ne peut pas le faire contre ses peuples. Elle a avant tout besoin d'un vrai leadership, et d'une vision claire pour pouvoir continuer à avancer. Angela Merkel est certes un leader charismatique, mais jusqu'à preuve du contraire elle ne représente pas le pluralisme européen. Quant aux représentants désignés par Bruxelles, ils manquent de légitimité. Ainsi, comment continuer à avancer si chacun met ses intérêts nationaux avant ceux de la cause européenne, comme souhaite le faire David Cameron? Comment prendre au sérieux un François Hollande qui entend renégocier les traités européens de façon unilatérale, au mépris des accords passés entre tous les membres? Ce dont l'Union a besoin avant tout c'est d'une gouvernance plus démocratique, qui permette de transcender les différents nationaux pour unir ses citoyens autour d'un réel projet commun.

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Mais comment proposer un tel destin commun au moment où la crise galvanise les troupes des eurosceptiques? Comment temporiser sur les négociations les plus difficiles quand le reste du monde n'attend pas? Comment séduire la jeunesse européenne quand celle-ci peine à gagner sa vie malgré tous ses atouts? #Union Européenne