Arrivées en masse dans le quartier européen de Bruxelles, les associations CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde), JOC Wallonie-Bruxelles (Jeunes organisés et combatifs) et Quinoa Asbl ont rejoint l’appel du collectif D19-20 pour faire pression sur les dirigeants européens. Jeudi 18 et vendredi 19 décembre, les 28 chefs d’états étaient de passage à Bruxelles pour parler investissements et futur de l’Ukraine.

Vendredi matin, dès 7h, des tracteurs et des manifestants se sont dirigés vers le rond-point Schuman, aux abords du bâtiment abritant le Conseil de l’Europe. Parmi eux, des jeunes, des Guy Fawkes, des syndicalistes, des alter-mondialistes, des agriculteurs, des chômeurs souhaitant faire entendre leur voix. Un bon nombre d'entre eux avait fait le voyage depuis différents pays d’Europe.  Tous avaient le même objectif : dénoncer les traités de libre-échange (TAFTA, TTIP, TSCG…), négociés plus ou moins en secret entre l’#Union Européenne, les Etats-Unis et le Canada, et demander le retrait des politiques d’austérité imposées par de nombreux gouvernements européens.

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Les manifestants ont escaladé Europa, le bâtiment en travaux du futur Conseil de l’Europe. Sur les banderoles qu’ils y ont pendues, on pouvait lire des messages comme « Merry Crisis, Happy Austerity » ou « Stop TTIP, Drop the Debt ». Dans la foulée, ils ont mis le feu à des bottes de foin et occupé les bâtiments des lobbys “Business Europe” et “FoodDrink Europe”. Parallèlement, certains participants entreprenaient d’expliquer aux policiers, à l’aide d’un paperboard, les causes de leur protestation.

Pourquoi s’opposent-ils au TTIP?

Le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) est un accord de partenariat entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Plusieurs fois renommé, car souvent annulé puis réintroduit sous un autre nom, le TTIP a été ACTA, TAFTA, TSGC, CETA… Cet accord de libre-échange soutenu par de puissants lobbyistes vise à déformer les législations européennes pour les accorder avec les besoins des conglomérats. Parmi eux, les industries agro-alimentaires et pharmaceutiques, les sociétés de télécommunications, les compagnies audiovisuelles.

S’il entrait en application, le TTIP modifierait les lois régulant les marchés européen et américain pour unifier leurs législations et faciliter les échanges entre les deux puissances économiques. De nombreuses interdictions européennes disparaîtraient avec pour conséquences :

  • Des OGM, du bœuf aux hormones, des poulets au chlore
  • Le rétablissement de la peine de mort
  • La création de tribunaux arbitraux autorisant les entreprises à poursuivre les états sans que ceux-ci puissent répliquer
  • La disparition de principes démocratiques relatifs à la vie privée et la protection des données

On ne sait si les revendications des manifestants ont été entendues par les chefs d’états mais il semblerait que la manifestation ait eu un impact logistique sur le sommet européen. La réunion qui devait avoir lieu durant la journée du vendredi s’est, pour ne pas être bloqué par les manifestants, déroulée en pleine nuit. Pourtant, malgré les protestations, les 28 ont donné leur accord pour que le TTIP soit mis en application au plus vite.