Place du Nouveau Marché aux Grains, Place du Jeu de Balle, Place de l'Yser, Place Rouppe. Quatre places historiques au centre de la capitale de l'Europe qui passeront les prochaines années en chantier, suite au Plan de Mobilité voté par le conseil communal de la Ville de Bruxelles ce 1er décembre 2014.

Ce projet déclenche l'ire des riverains qui craignent de voir leurs quartiers défigurés avec toutes les conséquences que cela entraîne : baisse de fréquentation, disparitions des commerces locaux et d'un esprit authentique, création d'un « centre touristique » sans âme, pollution…

L'idée est soutenu principalement par l'Echevine de la Mobilité et des Travaux Publics Els Ampe, le Bourgmestre Yvan Mayeur, le Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé de la Mobilité et des Travaux Publics Pascal Smet et la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB).

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Ce plan de circulation prévoit de créer une « zone de confort » dans le centre de Bruxelles. Plusieurs boulevards et places deviendront piétons. Des pistes cyclables seront créées et un train électrique gratuit devrait être installé.

« L'objectif de la ville est de rendre le cœur historique de la Ville de Bruxelles plus attrayant et plus accessible à tous, peut-on lire dans le dossier de presse. Pour donner plus d'espace à la ville, le trafic de transit est interdit et la circulation locale est plus rapidement dirigée vers les parkings. »

L'agrandissement de la zone piétonne coupera la circulation sur différentes artères et obligera les automobilistes à trouver une alternative. La solution proposée par le collège communal consiste à créer quatre nouveaux parking souterrains et une « boucle de desserte en un sens de circulation [qui] mène les automobilistes vers les parkings publics.

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Un projet qui dérange

La construction de ces parkings souterrains est jugé inutile car d'autres parkings existent déjà à proximité et ne sont qu'en partie utilisés. Ces chantiers constitueraient, selon l'opposition Ecolo-Groen, un gouffre financier de plusieurs millions d'euros, dégraderaient radicalement la qualité de vie locale et paralyseraient la circulation. Ce qui va à l'encontre du projet de la ville de Bruxelles dont l'idée était de rendre fluide les mouvements de circulation et désengorger la bretelle qui traverse la capitale.

Sur le net et sur les places publiques, se sont mobilisés des riverains, des amoureux du quartier, des militants écologistes, des touristes. Recueillant informations historiques, témoignages de rues et analyses de projets, la mobilisation a suscité une effervescence sociale. La Place du Jeu de Balle, avec son traditionnel marché aux puces, a entraîné les plus vives réactions.

La page Facebook We Love Jeu de Balle a fait le pari de l'émotion en partageant des photographies des habitants et des scènes de la vie quotidienne.

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Elle compte autour de 10.700 likes.

Une pétition a récolté plus de 13 000 signatures. Le collectif Plateforme Pentagone a réuni divers associations locales pour s'opposer à un projet qu'elles jugent rétrogrades.

Le collectif Plateforme Marolles a, en quelques jours, mis en place un festival de 24 heures où se sont succédés artistes, DJ's et musiciens.

Au lendemain de l'approbation du projet par le collège communal, le Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, est interrogé par TéléBruxelles sur cette décision largement contestée. « Si ce n'est pas possible de faire un parking place du Jeu de Balle, ce sera non ! » affirme-t-il.

Néanmoins, un appel d'offres a été lancé au privé.