Moqueries, railleries ou indignation. C’est tout ce qu’a récolté la proposition de l’Union Chrétienne-Sociale (CSU), membre de la coalition d’Angela Merkel. Dans leur texte de politique générale, les conservateurs bavarois proposent que tous les immigrés soient obligés de parler allemand et ce même à leur domicile. « Ceux qui souhaitent s’installer ici durablement devraient être obligés de parler allemand en public et en famille », dit ce texte très controversé.

Cette proposition, qui doit être entérinée aujourd’hui par les dirigeants du Parti, a déjà reçu une volée de bois vert digne de la forêt… noire. Peter Tauber, le secrétaire général de la CDU d’Angela Merkel a tweeté que « ce n’est pas aux hommes politiques de dire si je dois parler latin, klingon ou hessois chez moi. » Même son de cloche du côté des socialistes du SPD. Yasmin Fahimi, la secrétaire générale des rouges a qualifié cette proposition de « totalement ridicule ».

Cette proposition survient sur fond d’augmentation de l’#Immigration. Depuis l’ouverture européenne et la crise financière de 2008, beaucoup perçoivent l’Allemagne comme un pays où réussir à décrocher un travail n’est pas une utopie fumeuse.

La CSU récidive

La CSU, qui dirige la Bavière d’une main de fer depuis plusieurs années, s’est déjà fait remarquer cette année en promulguant une loi visant les étrangers « profitant du système de protection sociale». Les étrangers reconnus coupables de tels abus sont désormais expulsés et privés du droit de séjour en Allemagne pour une durée de cinq ans. Le slogan destiné à promouvoir cette loi était « qui triche, dégage ». Durant la campagne, Roumains, Bulgares et Polonais ont clairement été montrés du doigt.

Ce qui est le plus tristement drôle dans cette nouvelle initiative de la CSU, c’est que les Bavarois pratiquent un Allemand fort éloigné de celui parlé dans le reste de l’Allemagne. Bien souvent, ils éprouvent même des difficultés à se faire comprendre dans les autres länder. La CSU n'a pas précisé quel allemand il faudrait utiliser si la loi était adoptée.