Au même titre que la ville portuaire de Marioupol, qui constitue un lien terrestre entre la Crimée - annexée en mars dernier par Moscou - et la #Russie, la localité de Debaltsevo est un territoire stratégique dans le conflit qui oppose l'#Ukraine aux séparatistes pro-russes. Si les affrontements sévissent depuis plusieurs mois dans cette enclave loyaliste au coeur du territoire séparatiste de la République Populaire autoproclamée de Donetsk, ils se sont intensifiés ces derniers jours. La péninsule se situe en effet dans un petit morceau de terre contrôlé par l'Ukraine, et empiète sur les secteurs occupés par les rebelles dans la région du Donbass.

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L'amplification des bombardements et l'encerclement progressif de cette ville de près de 30 000 habitants répond à la volonté des séparatistes de mettre la main sur ce carrefour ferroviaire et routier. L'objectif est également d'installer une continuité territoriale à un État embryonnaire, baptisé "Nouvelle-Russie", et qui est le résultat de l'alliance entre la République Populaire de Donetsk et celle de Lougansk, 150 kilomètres plus au nord-est. Un État qui espère, à terme, être reconnu par d'autres pays.

Vers un nouveau drame civil ?

Quelques jours à peine après les bombardements qui ont fait 31 morts à Marioupol, l'étau se resserre autour de Debaltsevo. Sur place, entre 3 000 et 9 000 soldats, selon les sources, continuent de résister aux assauts des forces pro-russes.

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L'électricité a été coupée suite aux dégâts causés par les obus et les rues ont été désertées par des habitants qui oscillent entre peur et épuisement : "Les habitants fuient en masse et ceux qui ne peuvent pas partir se terrent dans des caves" confirme Pavel Lysianskyi, militant des Droits de l'Homme qui s'est rendu sur place. "Je suis tellement fatiguée, on vit dans une voiture depuis trois jours" ajoute une mère de famille*. Alors que seuls les camions de l'armée ukrainienne continuent d'entrer dans la ville, la mise en place d'un laisser-passer pour faciliter les déplacements des civils entre bastions ukrainien et séparatistes permet à quelques civils de fuir les violences. Depuis le début du conflit ukrainien, Debaltsevo n'a jamais connu la trêve, et craint désormais les conséquences d'une attaque imminente.

* Propos recueillis à Debaltsevo par le journaliste Stéphane Siohan