Blasting News: En tant que policier, comment réagissez-vous face à ce genre d'info ?

Nicolas: J'ai toujours voulu être policier pour aider les gens à bien vivre, sans devoir se préoccuper des menaces, d'avoir peur d'être agressés. Pour moi, la police est un service de protection avant tout. Mais malheureusement, comme dans tous les métiers, il y a toujours des brebis galeuses ! Et ce n'est pas qu'aux Etats-Unis: même certains de mes collègues peuvent être violents ou faire de l'excès de zèle. Mais un policier doit avoir la mentalité d'aider les gens avant tout. Pour ce cas-ci particulier, c'est difficile de juger sans savoir tous les paramètres de la situation.

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Les policiers américains ont-ils tendance à dégainer trop vite ?

Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, ils sont un cran au-dessous de nous. Ici, les gens sont moins enclins à utiliser les armes. Aux Etats-Unis, on n'imagine pas le nombre de drogues chimiques que les gens consomment que l'on n'a pas ici, et qui les mettent dans des états de démence incontrôlable ! Certains peuvent même recevoir plusieurs balles et continuer à avancer sur un policier avec un couteau ! De plus, beaucoup de policiers sont souvent seuls lorsqu'ils font des patrouilles hors des grandes villes.

Maintenant, la police américaine essaye de plus en plus d'utiliser des caméras dashcam pour éviter les malentendus. Mais ce n'est jamais évident. Par exemple, ils sont souvent accusés de racisme lorsqu'il s'agit un Noir qui est maîtrisé.

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Mais c'est pareil chez nous lorsqu'on a affaire à des musulmans, on crie directement au racisme. Il ne faut pas faire d'amalgame dans les deux sens! Il faut comprendre le contexte avant tout.

Mais les policiers restent des êtres humains. Certains paniquent plus que d'autres, et gèrent moins le stress. La grande majorité essaye quand même de faire un bon boulot avec des moyens qui sont aussi toujours plus restreints. Moi par exemple, je viens de faire 100 heures de travail supplémentaire cette semaine. Je gère, mais tout le monde ne le pourrait pas !

Les policiers belges, français, sont-ils plus contraints pour faire usage de leur arme ?

Ici, la hiérarchie a mis beaucoup de pression en insistant sur le fait que la riposte doit être proportionnelle à la menace. Ce qui explique que si quelqu'un nous agresse sans être armé, on doit le maîtriser sans faire usage de nos armes! Aux Etats-Unis, les policiers peuvent menacer avec leurs armes une personne à partir du moment où elle refuse une injonction, et tirer s'il est agressif.

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Avez-vous l'impression qu'on accuse trop souvent les policiers lorsque ce genre de bavures sont relayées par les médias ?

Oui, parce que la presse n'a jamais toutes les informations, contrairement à la police. On a toujours tendance à dire que c'est de notre faute, sans savoir ce qui nous a contraint à faire telle ou telle action. On parle aussi des cas isolés comme une généralité, alors que ce n'est vraiment pas le cas.

Est-ce qu'un climat de « peur » comme l'on peut ressentir ces derniers jours à cause de la menace terroriste pourrait influencer les actions des policiers ?

Non pas du tout. On reste très professionnel face à cela. Mais ça dépend aussi des différents niveaux de la police : la police locale est peut être moins prête pour gérer ce genre de menaces.

À votre avis, que pense le citoyen lambda de la police en général ?

Je crois que ça dépend des moments. La presse est très importante pour ça. Si la police fait du bon boulot sur des dossiers importants comme par exemple les attentats de ces derniers jours, tout le monde nous salue et dit que la police a bien travaillé. Mais s'il y a une bavure, on dit que c'est encore du mauvais travail de la police ! Et c'est encore pire lorsque quelqu'un a affaire directement à nous lorsqu'il est en tort, par exemple avec une infraction de vitesse ou un contrôle d'alcoolémie: quand ce ne sont pas des insultes, on nous accuse directement de perdre notre temps à les embêter pour rien…

*Prénom d'emprunt  #Belgique