Et si finalement, la plus grosse menace terroriste venait de #Belgique et non de France ? Les opérations menées jeudi soir à Verviers et à Bruxelles ont, semble-t-il, étendu la menace terroriste bien au-delà des frontières françaises. Des menaces pesaient sur le pays depuis bien longtemps. Coulibaly, l'auteur de l'attentat à la porte de Vincennes s'était d'ailleurs procuré son arme chez un habitant de Charleroi. Mais ce n'est pas tout. Des jeunes gens en provenance de Belgique étaient partis combattre en Syrie et venaient de revenir sur le sol belge. Ils préparaient des attentats de grande ampleur dans le pays.

Des jeunes qui reviennent au pays

Pourquoi à Verviers, dans l'est du pays, à deux pas de l'Allemagne ? Cette région est réputée défavorisée.

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Une grave crise économique la frappe depuis une vingtaine d'années. Beaucoup de jeunes désespérés se raccrochent aux discours de haine de certains imams. Alors, si certains peuvent peut-être s'étonner de voir de tels actes dans le plat pays, ce n'est pas le cas des Belges qui étaient prévenus. Tout comme il faut savoir que, proportionnellement, il y a plus de jihadistes belges que français en Syrie. Dès lors, une question se pose : la Belgique est-elle la plaque tournante du terrorisme ? « Pour le moment, il n'y a encore aucun lien qui a été établi entre les attentats de Paris et l'action menée à Verviers », explique Armelle Charlier, spécialiste en politique internationale. La nouvelle confirmant qu'il n'y avait aucun lien a été confirmée dans le courant de la journée de vendredi. « Mais un phénomène de mimétisme existe. Attention, en France, il s'agissait de jihadistes âgés d'une trentaine d'années. Ici, on parle de jeunes qui reviennent au pays », souligne-t-elle.

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« Le pays est effectivement une plaque tournante pour plusieurs raisons. Il existe aussi un phénomène de l'installation du jihadisme avec une population, comme en France, issue de l'immigration. Il y a environ entre 300 et 400 jihadistes belges qui partent pour la Syrie. C'est l'un des contingents les plus importants en Europe, je précise en Europe car le plus important se situe en Tchétchénie et au Daguestan ». D'ailleurs, pour l'expert belge du terrorisme Claude Moniquet, il faut agir avec ces retours de Syrie. « Le passage par la case prison paraît indispensable pour ceux qui reviennent de là-bas ». Cette mesure sera-t-elle appliquée ?

Douze mesures prises contre le terrorisme

Les autorités belges étaient conscientes du problème depuis pas mal de temps. Un attentat avait déjà eu lieu au musée juif de Bruxelles en mai 2014. « Même si Nemmouche est un franco-algérien, ce récent attentat avait eu lieu sur le sol belge ». Un sol belge qui a encore vu jeudi soir des perquisitions être menées un peu partout dans la région de Bruxelles-Capitale.

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Certains commissariats ont même été évacués. On soulignera, comme s'en est réjoui, le Premier Ministre Charles Michel, la réactivité des forces de l'ordre qui ont évité un bain de sang à la Charlie Hebdo. Le bilan est tout de même de deux morts, treize interpellations et douze perquisitions. La prudence reste de mise dans le pays avec douze mesures spéciales mises en place par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme et l'autorisation pour l'armée de se déployer devant certains endroits stratégiques. « Il ne faut pour autant pas céder à la psychose », concluait Charles Michel.