Les élections parlementaires qui ont lieu ce dimanche ne sont pas décisives que pour la #Grèce. Elles le sont également pour l'Europe, qui tremble un peu plus à chaque fois que le nom du pays est prononcé depuis 2008, date à laquelle il a plongé dans le rouge, entraînant bien malgré lui une partie de la zone euro dans sa chute. Trainant derrière elle une dette publique lourde de 320 milliards d'euros, le poids de la Grèce est devenu de plus en plus difficile à supporter pour les autres Etats membres de l'#Union Européenne.

D'aides financières au rachat de dettes

Pourtant, depuis 2008, l'Union Européenne, ainsi que les instances financières comme la Banque Centrale Européenne et le Fond Monétaire International, ont octroyé de nombreuses aides financières à la Grèce.

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Deux plans de sauvetage, le premier au printemps 2010 et le deuxième en février 2012, ont ainsi injecté au total au moins 380 milliards d'euros dans les finances grecques. Mais la générosité de l'Union Européenne a un coût, qu'ont chèrement payé les citoyens: réduction des dépenses publiques, hausses des taxes, licenciements en masse… Nombreux sont les Grecs à avoir exprimé leur ras-le-bol de ces mesures imposées par les pays membres. Au point que l'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro a été sérieusement considérée tout un temps. On pensait pourtant le scénario du « Grexit » (Greece exit) oublié à jamais depuis 2012, mais il semblerait qu'il soit de retour depuis la montée de Syriza, du moins dans la bouche de certains dirigeants européens. Angela Merkel l'aurait confié à ses proches : « Le Grexit n'est plus tabou ».

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Un scénario catastrophe

Que s'est-il donc bien passé depuis deux ans ? En réalité, tant du côté des Grecs que de l'Europe, on pense qu'on est le plus fort. Après avoir réussi à réaliser un excédent budgétaire primaire comme demandé par la Troïka, certains politiciens grecs se sentent assez confiants que pour penser pouvoir continuer désormais sans l'aide de ses créanciers. De son côté, l'Union Européenne pense avoir réussi à instaurer des systèmes anticontamination pour empêcher qu'une crise propre à un pays ne se répande ailleurs, ce qui permettrait de sortir la Grèce de la zone euro sans que les dégâts pour les membres restants ne soient trop grands. La situation est en réalité bien plus complexe que ne laissent penser les deux opposants à ce bras de fer financiers. Si la Grèce sort de l'Europe, son maigre capital ne tiendra pas longtemps, en particulier si sa politique économique est celle de Syriza qui promet de relever le niveau de vie de ses citoyens. La Grèce serait alors plongée dans une grave crise qu'elle devrait surmonter cette fois toute seule.

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Quant à l'Europe, elle ne peut se passer définitivement de la Grèce. Le lien fragile qui uni les pays membres est tenu, et les pertes s'élèveraient à des centaines de milliards d'euros si la Grèce arrêtait de rembourser ses créanciers (dont beaucoup ont des avoirs dans des banques françaises et allemandes). Néanmoins, être laxiste envers un pays « mauvais élève » entraînerait probablement un cas de jurisprudence : et si le Portugal, l'Espagne ou l'Italie qui ont également reçu quelques milliards d'euros dans leur poche décidaient renégocier leur contrat à leur tour ? Si la purée de pois dans laquelle navigue l'Union Européenne semble bel et bien de retour avec ces élections, les prochaines semaines devraient déterminer dans quel sens penchera la balance. #Élections