Les yeux sont braqués vers la #Grèce ce dimanche, où se déroule un scrutin électoral de taille : les élections parlementaires. Après que l'Assemblée ait échoué à trouver un nouveau président pour la troisième fois, celle-ci n'a pas eu d'autres choix que d'être dissoute, pour permettre un renouveau électoral et pour suivre les opinions des Grecs, qui subissent depuis déjà plus de cinq ans une grave crise d'austérité. Ces élections vont-elles y changer quelque chose ? Petit tour d'horizon de ce qui attend le peuple grec, à l'aube d'un renouveau de sa politique, pour un avenir peut-être meilleur.

Comment se passent les élections ?

Le système électoral grec est particulier, et ces élections parlementaires anticipées le sont également.

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Ce dimanche, trois cent parlementaires vont devoir être élus, et les très nombreux partis candidats devront donc se répartir les sièges selon le nombre de voix. Avec un but à atteindre pour chacun : la majorité ! Celle-ci permettrait au parti qui obtient la majorité de gagner 50 sièges en bonus et de régner quasiment seul sur l'assemblée. Dans le cas où la majorité n'est pas atteinte, les premiers partis (qui seront très probablement Nouvelle Démocratie et Syriza) devront s'accorder pour former une coalition dans les trois prochains jours. Une coalition qui aura comme première mission d'élire un président pour la Grèce, qui devra remporter 180 voix pour être désigné.

Qui est en course?

Depuis la crise économique de 2008, la Grèce souffre de plein fouet des retombées économiques et des politiques d'austérité instaurées pour sauver le pays de la faillite.

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Face à un tel bouleversement, de nombreux petits partis ont éclot, et sont aujourd'hui devenu incontournables en Grèce, métamorphosant le paysage politique héllenique.

Le grand favori du jour, c'est bien entendu Syriza, parti radical de gauche mené par le jeune et charismatique Alexis Tsipras. Sans être contre l'Europe, le leader souhaiterait néanmoins renégocier la dette grecque et mettre un terme à la politique d'austérité.

C'est avec Nouvelle Démocratie que Tsipras devra probablement négocier à l'Assemblée. Parti conservateur incontournable depuis 1974, son leader Antonis Samaras est pour l'instant Premier ministre depuis sa grande victoire aux dernières élections législatives de 2012. Mais depuis lors, Nouvelle Démocratie n'a pas réussi à convaincre les Grecs avec ses mesures d'austérité, et a notamment souffert de l'éclatement des partis centristes.

On en avait beaucoup parlé il y a deux ans, mais depuis, les choses ont changé pour le Pasok et Aube Dorée: autrefois partis prometteurs, ils sont aujourd'hui au coude à coude pour la troisième place qui se tient dans un mouchoir de poche avec les autres petits partis du pays.

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Le Pasok, formation socialiste jadis incontournable, a vu sa popularité baisser en flèche en 2010 puisqu'il est tenu responsable de la crise qui a plongé la Grèce dans le rouge. Quant à Aube Dorée, parti d'extrême-droite aux relents de néo-nazisme, leur victoire ne sera plus aussi phénoménale qu'aux élections de 2012, où seize députés avaient été élus. La raison est simple : sur ces seize députés, sept sont actuellement emprisonnés pour « appartenance à une organisation criminelle ».

Où en est la Grèce ?

La Grèce est probablement le pays européen à avoir le plus fait parler de lui depuis quelques années. Et pas pour les bonnes raisons : principale victime de la crise économique de 2008, la Grèce a vu ses dettes considérablement gonfler, poussant le pays vers l'inexorable détresse financière. Aujourd'hui, le constat sur son économie est alarmant : sa dette s'éleve à 320 milliards d'euros, soit 177% de son PIB. Mais le taux de chômage est bien évidemment ce qui alarme le plus le peuple grec. À la fin de 2014, il atteignait 25,8% de la population. Un chiffre effroyable mais qui rassure quelque peu, puisqu'il était encore à 28% un an plus tôt.

Quels enjeux ?

Ces élections auront donc comme objectif principal de sortir la Grèce de ce pétrin financier. Si chaque parti a sa propre solution, tous (ou presque) s'accordent aujourd'hui sur le fait que les mesures d'austérité sévère ne sont pas la réponse à la crise, et que s'il faut remercier la Troïka (BCE, FMI et Commission Européenne) pour leurs très nombreux prêts et rachats de dette, la Grèce doit également arrêter de dépendre de celles-ci pour sauver sa peau. #Union Européenne #Élections