Il y a 70 ans jour pour jour, le plus grand camp de concentration jamais créé était enfin délivré par l’Armée Rouge. #Auschwitz, c’est 5 ans d’un massacre énorme perpétré par les nazis. Ceux-ci n’auront pourtant pas atteint leur horrible but d’extermination des juifs. Aujourd’hui, les survivants s’expriment sur ce qu’ils ont vécu…

Jozef Paczynski, 95ans

Ce prisonnier n°121 fut le coiffeur de Rudolf Hoess, bourreau d’Auschwitz. Il affirme pouvoir refaire, aujourd’hui encore, sa coupe de cheveux. « Il y avait une dizaine de coiffeurs dans la région, mais Hoess m’a choisi moi, un apprenti, pour lui couper les cheveux. Mes mains tremblaient à chaque fois, mais il fallait que je réponde aux ordres et que je fasse mon travail. La coupe était simple : raser la nuque de très près avec un rasoir, et ensuite tondre les côtés », explique-t-il.

« J’aurais pu lui trancher la gorge, mais j’avais conscience des conséquences que cela engendrerait, à savoir que la moitié des détenus du camp seraient plus que probablement tués sur le champ », ajoute-t-il.

Cet homme affirme que jamais, il ne pourra oublier toutes ces personnes emmenées vers les chambres à gaz, conduites à une mort certaine. Cependant, il est conscient qu’on ne peut ressusciter les morts, et qu’il faut aller de l’avant. « Je suis heureux que nous soyons aujourd’hui réconciliés, que la paix règne, et que les frontières soient tombées. J’en suis content, et n’ai aucun problème à tenir ce discours aux Allemands », précise-t-il.

Raphaël Esrail, 89 ans

Jeune résistant jusqu’à son arrestation en 1944, ce Français d’origine juive évoque leur évacuation des camps par les nazis en janvier 1945, fuyant l’avancée des Alliés : « les trois jours des marches de la mort étaient les pires ». Il explique que ces marches se sont faites par des températures extrêmement froides. Les détenus marchaient pieds nus, sur des surfaces gelées. Ils tentaient même de se protéger les pieds en les emballant dans des morceaux de tissus. Beaucoup n’y ont pas survécu. Il s’agit selon lui des trois journées les plus difficiles de sa détention en camp de concentration…

Zofia Posmysz, 91 ans

« Personne ne peut s’imaginer le cri d’une personne électrocutée », dit cette Polonaise, en parlant des fils barbelés entourant le camp. « La nuit, des filles sortaient des baraquements pour aller se jeter sur les fils barbelés sous tension. Nous étions réveillés par des cris atroces. C’était vraiment horrible… On voyait des cadavres pendre aux fils barbelés ».

La prisonnière portant le numéro 7566 affirme avoir appris à survivre là-bas. La discrétion et la discipline étaient des éléments importants. De plus, il fallait veiller à rester au centre du groupe, afin d’éviter de pouvoir être la cible directe d’un soldat allemand. Bref, faire en sorte d’éviter à tout prix de se faire remarquer, et faire ainsi l’objet de punitions.

Elie Buzyn, 86 ans

En 1944, les détenus savaient que les Alliés se rapprochaient, et c’est à cet espoir que s’est accroché Elie.

Ce petit homme s’est fait une promesse, lorsqu’il est revenu vivant du camp de concentration, tenir autant qu’il le peut, s’accrocher à la vie.

« Vous ne pouvez pas vivre tant que vous ressassez tout cela », dit-il. Elie Buzyn a choisi la vie, cela ne fait pas de doute.

Il a emmené ses enfants ainsi qu’une partie de ses petits-enfants à Auschwitz. Pour lui, une fois que tous les survivants auront quitté la terre, ceux à qui il a fait part de son récit, à qui il a tenté de montrer l’horreur vécue dans les camps, deviendront les témoins.

#Pologne