L'Allemagne d'Angela Merkel, moteur économique de l'#Union Européenne, serait prête à envisager à ce qu'Athènes quitte la zone euro. Surtout si la gauche radicale incarnée par le parti Syriza venait à remporter les élections législatives du 25 janvier. C'est tout du moins ce qu'annonce le magazine Der Spiegel, connu pour son sérieux et son efficacité journalistique.

Il s'agit d'un revirement de situation pour le moins surprenant. Rappelons qu'en 2012, Angela Merkel tapait du poing sur la table quand les Grecs proposaient une autre cure que celle de l'austérité. Pour Merkel, il fallait continuer les réformes sans « qu'aucune autre alternative ne soit possible. » Le ministre des Finances de Frau Merkel ne tenait pas un autre discours.

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La peur incompréhensible de la gauche

A bas l'austérité, vive la relance. Le programme du parti d'extrême-gauche grec pourrait être résumé de la sorte. Syriza, favori pour les prochaines élections, compte bien mettre un terme aux politiques d'austérité voulues par Berlin, la capitale européenne de facto. Rappelons qu'en échange d'une éprouvante cure d'austérité, la Grèce doit percevoir 240 milliards d'euros de prêts, accordés par la troïka (UE, BCE, FMI).

Alexis Tsipras, le leader de Syriza, compte bien exiger une restructuration de la dette, un peu à l'image de ce qui s'est fait à trois reprises… en Allemagne. Après la première guerre mondiale, l'Allemagne, asphyxiée par les accords du traité de Versailles, avait vu sa dette restructurée à deux reprises. Rebelote après 1945, avec le plan Marshall.

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Angela Merkel a apparemment la mémoire très courte en ce qui concerne les largesses dont a bénéficié son pays. Elle continue à vouloir appliquer une austérité qui ferait pâlir de jalousie Adam Smith, un des grands penseurs du libéralisme. Elle semble ne pas se rendre compte que la solution pourrait venir des Etats-Unis, que l'on peut difficilement qualifier de socialistes ou marxistes.

Au pays de l'Oncle Sam, l'administration Obama a décidé de juguler la crise en mettant sur place une politique d'investissements publics, dite keynésienne. Résultat ? Les machines recommencent à tourner, la croissance est au rendez-vous (3,5% au dernier trimestre de 2014 contre 0,1% en Allemagne), le chômage recule. Alors bien sûr, les avocats de l'équilibre budgétaire peuvent mettre en garde contre une faillite. Mais tant que l'économie produit des biens et des services de haute valeur ajoutée, le risque est minime.

L'Europe de Bruxelles ou celle de Berlin ?

L'Union Européenne a été bâtie sur des idéaux de paix, de justice et d'égalité.

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Cette égalité n'est pas respectée quand des politiciens et des fonctionnaires allemands veulent influencer les Grecs quant à leur vote, comme nous l'avons vu durant les dernières semaines. C'est une insulte à la démocratie, un véritable crachat au visage des pères fondateurs du rêve européen.

Berlin n'a pas à pousser la Grèce hors de la zone euro. Ni à la maintenir de force. C'est une simple question de bon sens. #Élections #Crise économique