Les dirigeants de la diplomatie des 28 membres de l'#Union Européenne, mandatés par leurs chefs d'États et de gouvernement, doivent se pencher ce jeudi 29 janvier à Bruxelles sur l'épineuse question ukrainienne. Alors que le conflit - entre l'#Ukraine et ses forces loyalistes d'un côté, et les séparatistes pro-russes soutenus par la #Russie de l'autre - n'en finit plus de s'enliser, les Ministres des Affaires étrangères européens auront pour mission "d'évaluer la situation et d'envisager toute action appropriée, en particulier de nouvelles mesures restrictives, pour obtenir une mise en oeuvre rapide et complète des accords de Minsk" (communiqué UE).

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Signé le 5 septembre dernier, ce protocole prévoyait douze mesures concrètes pour mettre fin au conflit ukrainien, et notamment la mise en place d'un cessez-le-feu immédiat, incessamment violé depuis plusieurs semaines. "J'ai convoqué une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères jeudi prochain, consacrée à la situation en Ukraine, annonçait Federica Mogherini, représentante de la diplomatie européenne, au lendemain de l'attaque de Marioupol. Cette escalade va inévitablement provoquer une grave détérioration des relations entre l'UE et la Russie, a-t-elle ajouté, pointant du doigt la responsabilité de Moscou dans la dégradation de la situation dans l'est de l'Ukraine.

Quel type de sanctions doit-on attendre de cette réunion extraordinaire ?

Selon le quotidien russe Kommersant, l'Union Européenne pourrait décider d'étendre sa liste noire d'entités et d'individus russes sous le coup de sanctions, mais également d'interdire en Russie la livraison de certains produits et équipements destinés à l'industrie gazière.

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Certains gouvernements (Suède, Lituanie et Lettonie notamment) réclament des mesures plus lourdes et militent en faveur d'un durcissement des positions européennes. Un point de vue partagé par Donald Tusk, président du conseil de l'UE, et ancien Premier ministre polonais : "Une fois encore, l'apaisement a encouragé l'agresseur à de plus grands actes de violence. Le temps est venu d'intensifier notre politique en la fondant sur des faits, non sur des illusions" (twitter). Mais nombreux sont les observateurs à douter de la mise en place de sanctions plus restrictives. Il faut en effet, pour aller plus loin, une décision unanime de l'ensemble des chefs d'États et de gouvernement de l'organisation politique européenne. Ces derniers étudieront les propositions des Ministres des Affaires étrangères le 12 février prochain.

La Maison Blanche envisage également une nouvelle série de sanctions

De son côté, Washington a indiqué travaillé avec ses partenaires européens pour intensifier les mesures à l'égard de la Russie.

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Le président américain, Barack Obama, estimait d'ailleurs dimanche que l'entraînement fourni par la Russie ainsi que les moyens militaires et financiers déployés par Moscou étaient à l'origine de l'escalade de violences orchestrée par les insurgés séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine. "Nous sommes vivement préoccupés par la dernière rupture en date du cessez-le-feu et l'agression que mènent les séparatistes avec le soutien russe, du matériel russe, un financement russe, un entraînement russe et des soldats russes" a-t-il déclaré dimanche 25 janvier, à l'occasion d'une visite officielle de trois jours en Inde.

Si, jusqu'à présent, les sanctions mises en place en 2014 par l'Europe et les États-Unis ont touché des secteurs entiers de l'économie russe, et engendré l'effondrement du rouble face à l'euro et au dollar, le Kremlin continue de nier son implication dans le conflit ukrainien. Moscou, qui en réponse aux mesures occidentales a mis en place un embargo sur les denrées alimentaires européennes, accuse Kiev et ses troupes d'enrayer le processus de résolution du conflit pour multiplier les sanctions diplomatiques à l'encontre de la Russie. Un conflit qui depuis avril 2015, a déjà causé la mort de plus de 5 000 personnes.