Après 16 heures de négociation à Minsk, en Biélorussie, la chancelière allemande, le président français et le président russe sont enfin arrivés à un accord. Bilan d'une âpre discussion.

4 protagonistes, 4 points de vue

Selon François Hollande le texte est un « accord global », pour Vladimir Poutine il porte « sur l'essentiel » et pour Angela Merkel ce n'est apparemment pas « une percée ». Il faut dire qu'après une nuit blanche a parler, le fait que le président russe parte soudainement de la table des négociations, n'a pas dû faire plaisir à la chancelière allemande, ni le fait de devoir avec François Hollande le convaincre de rester pendant 40 minutes.

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Il faut aussi rappeler que le président ukrainien Petro Porochenko était de la partie et a déclaré que « le plus important est le cessez-le-feu ». Mais l'accord est signé, c'est déjà beaucoup.

Les stipulations principales du contrat

1) Le plus important, sans aucun doute pour le moment, est un cessez-le-feu, à compter dans la nuit de samedi à dimanche 15 février, à minuit.

2) Une zone démilitarisée, à ne pas confondre avec un no man's land où toute présence humaine est proscrite sous peine d'exécution sommaire, agrandie de 50 à 70 km. En effet, les précédentes négociations de septembre avaient prévu 30 km. Chaque camp, ukrainien et russe, doit se retirer d'un côté de la zone.

3) La souveraineté et l'intégrité de l'#Ukraine seront respectées.

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Donc les interventions russes sans crier gare sont terminées.

4) La constitution ukrainienne sera révisée afin de respecter les droits des habitants de l'est (NDLR : les zones séparatistes).

5) Une expertise technique fournie et par la France et par l'Allemagne, pour restaurer le système bancaire dans les zones affectées par le conflit.

6) La coopération entre l'Union Européenne, l'Ukraine et la Russie doit perdurer pour résoudre le problème du « paquet gazier » de l'hiver.

Attention tout de même !

La chancelière allemande s'est exprimée le plus prudemment possible, à la limite d'une douche froide face aux contentements des autres parties. Effectivement elle dit ne se faire « aucune illusion ».

Le président français a aussi ajouté que l'accord de Minsk « ne garantit pas un succès durable » en Ukraine. Les « prochaines heures seront déterminantes ».

Par ailleurs Vladimir Poutine a spécifié que le gouvernement ukrainien ne reconnaissait pas l'encerclement de soldats ukrainiens par les séparatistes, tout en précisant qu'il avait depuis « le début un doute ».

Enfin, les dirigeants séparatistes pro-russes Alexandre Zakhartchenko et Igor Plotnitskise se sont félicités de cet accord, car pour eux il permet un « développement pacifique aux républiques »  de Donetsk et de Lougansk.

Au final, chacun reste donc assez prudent face à cette poudrière.