Après plus d'un an de conflits entre l'#Ukraine, les pro-russes et la #Russie, la situation ne cesse de dégénérer et inquiète de plus en plus l'Occident. Si Barack Obama s'en est pris vivement à Vladimir Poutine pour tenter de le raisonner, la France et l'Allemagne n'avaient jusqu'ici que joué à l'autruche, préférant enterrer leur tête dans le sable plutôt que de prendre de réelles positions face à ce qui se passe dans l'est de l'Europe. Face à un regain de tensions et à l'appel à l'aide de l'Ukraine, Angela Merkel et #François Hollande se sont finalement décidés à agir. Ils se sont envolés pour Kiev ce jeudi, dans l'idée de discuter d'une « solution diplomatique » pour gérer le conflit en discutant avec le président ukrainien Petro Porochenko, avant de rejoindre Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine ce vendredi.

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Ce voyage a été annoncé jeudi matin, lors de la conférence de presse annuelle du président français. « Nous ferons une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même, qui sera fondée sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il expliqué, avant d'ajouter qu' « Avec Angela Merkel, nous avons considéré que nous avons des responsabilités particulières. L'Allemagne parce qu'elle est en relation économique forte avec l'est de l'Europe et qu'elle a un lien avec l'Ukraine, la Russie. La France a un lien historique, culturel, humain, politique, économique aussi avec la Russie ». « Le temps presse, et il ne sera pas dit que la France et l'Allemagne n'auront pas tout tenté pour préserver la paix », a-t-il encore déclaré. Mais dans ce cas, pourquoi avoir attendu si longtemps pour agir ?

Devancer les Etats-Unis

Peut-être tout simplement parce que François Hollande et sa chère collègue allemande craignent aujourd'hui l'escalade dans le conflit.

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Jusqu'ici, personne ne s'était vraiment mêlé des affaires de Kiev et de Moscou, fermant en quelque sorte les yeux sur ces milliers de morts à seulement trois heures d'avion de chez nous et en préconisant un dialogue et des mesures punitives envers la Russie, histoire de faire flancher le Kremlin. Une utopie que beaucoup ont réalisé qu'elle ne se réaliserait pas comme ça, d'un claquement de doigt, même après le terrible crash d'un avion de la Malaysia Airlines au-dessus de la zone de combat pro-russe. Une catastrophe dont les réels coupables n'ont même pas encore été désignés plus de cinq mois plus tard, et qui aura plus que jamais déchiré les deux camps, se rejetant l'un l'autre la faute. Plus d'un an après le début du conflit, les bombardements contre des civils et des destructions de biens publics sont toujours le pain quotidien de l'Ukraine.

Il n'en fallait pas plus pour que les Etats-Unis dégainent la grosse artillerie, répondant à l'appel désespéré du président ukrainien. Celui-ci avait en effet demandé aux pays membres de l'OTAN de lui livrer des armes, dans le but de « se défendre face à l'agresseur ».

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Plus que jamais décidé à tirer un trait sur ce conflit, Barack Obama a donc envoyé le secrétaire d'Etat John Kerry à Kiev pour qu'il puisse discuter d'un éventuel envoi d'armes aux Ukrainiens. Des armes qui seraient principalement défensives, comme des drones ou des dispositifs de surveillance. Mais qu'à cela ne tienne, ce renfort armé des Etats-Unis n'a visiblement pas plu à François Hollande et à Angela Merkel. Les deux compères auraient ainsi planifié ce voyage dans l'urgence afin de contrer John Kerry, qui doit s'exprimer samedi à la conférence de Munich. En arrivant plus tôt que l'Américain, Hollande et Merkel espèrent fortement pouvoir faire entendre raison à Porochenko et à Poutine, qui avait d'ailleurs déclaré cette semaine qu'il souhaitait un « arrêt des hostilités en Ukraine ». Vague promesse pour apaiser l'Occident qui montre enfin ses dents, ou réelle envie de revenir à la paix ? Le saura-t-on jamais…