C'est une véritable marée humaine qui a déferlé ce samedi dans les rues de Madrid, dans un seul but : demander le changement. La victoire triomphale du parti anti-austérité Syriza aux élections parlementaires en Grèce dimanche dernier aurait-elle donné des idées aux Espagnols ? Le parti de gauche radicale Podemos a en tout cas saisi la balle au bond pour convoquer les citoyens qui n'en peuvent plus de subir la crise de plein fouet. Parce qu'il faut dire que si l'on parle souvent de la Grèce et du Portugal, l'#Espagne n'est pas en reste lorsqu'il s'agit de payer les pots cassés de la crise financière. Si la dette publique du pays ne fait encore qu'augmenter (98,9% du PIB au dernier trimestre de 2014), les banques se veulent confiante : la croissance est de retour, les cinq derniers trimestres étant positifs.

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Mais le taux de chômage est toujours alarmant : près d'une personne sur quatre ne travaille pas en Espagne, et les salaires ont été largement rabotés pour ceux qui ont encore la chance d'en avoir un.

Des envies de changement

Au même titre que la Grèce, l'Espagne a reçu de l'aide de la Troïka (FMI, BCE, Commission Européenne) pour réussir à sortir la tête de l'eau en 2012. Le pays a ainsi bénéficié de la coquette somme de 100 milliards d'euros pour restructurer ses banques et relancer son économie. Mais cela ne s'est pas fait sans serrer la ceinture des citoyens espagnols, ce qu'ils dénoncent aujourd'hui en répondant à l'appel de Podemos. « Le 31 janvier, nous allons démontrer que tous ensemble nous allons changer l'histoire de notre pays », avait déclaré le président du parti, Pablo Iglesias.

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Et ils étaient donc au rendez-vous : s'il n'existe aucun chiffre officiel, on peut déjà estimer que plusieurs milliers d'Espagnols ont défilé contre l'austérité ce dimanche. « Tic tac, tic tac, c'est l'heure du changement », était-il écrit sur les banderoles portées par la foule déterminée. « Oui c'est possible ! », scandait-elle, en chœur avec les dirigeants du jeune parti de la gauche radicale.

Mais qui est Podemos ?

D'ailleurs, quel est ce parti dont tout le monde ignorait encore l'existence il y a quelques mois ? Il faut dire que Podemos (Nous pouvons, en espagnol) n'a été créé qu'il n'y a qu'un an et est en réalité une sorte de mutation #Politique des Indignés qui avaient tant fait parler d'eux en 2011, lorsqu'ils avaient campé par milliers sur la Puerta del Sol. Pablo Iglesias, numéro un du petit parti à seulement 38 ans, se veut confiant dans l'avenir de ce mouvement : « Le vent du changement a commencé à souffler sur l'Europe », a-t-il assuré devant la foule. Il peut déjà se féliciter d'avoir réussi l'exploit d'avoir organisé une marche aussi fédératrice, alors même que cette date du 31 janvier avait été annoncée il y a plusieurs semaines, bien avant les élections grecques qui ont vu triompher Syriza.

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Il est évident que la réussite du parti anti-austérité en Grèce aura donné suffisamment de courage aux Espagnols de revendiquer leur raz-le-bol de la Troïka, ennemi public n°1 tant pour Syriza que pour Podemos. Podemos qui compte maintenant sur les prochaines élections régionales de mai pour s'imposer face aux partis traditionnels, et qui sait, remporter les élections législatives de novembre prochain.