Depuis le début du conflit en #Ukraine, les images violentes des zones de combat sont régulièrement reprises par les médias et sur les réseaux sociaux. Habitations dévastées, champs calcinés, corps laissés à l’abandon dans les rues… Il y a de quoi révolter les populations occidentales contre l’action des Russes et leurs défenseurs en Ukraine. Mais voilà, comme dans toute guerre, chaque camp a sa part de responsabilité dans les massacres effectués, et les exactions commises par le gouvernement ukrainien passent étrangement sous silence. Il y a de quoi pourtant se poser des questions sur leur manière d’agir face à un envahisseur qu’ils accusent de ne connaître que la force.

Les bombardements commis par l’Ukraine sont curieusement peu relayés par les médias occidentaux, qui y voient à chaque fois la main de Poutine. Mais la réalité est bien différente sur le terrain : ce sont des civils ukrainiens qui sont victimes des tirs de l’armée de leur propre pays. Pas plus tard que début décembre, un hôpital de Donetsk a été la cible de bombardements des forces ukrainiennes, faisant cinq victimes civiles et détruisant ce qui devait servir à secourir les populations décimées, piégées entre deux feux.

Le droit de guerre n’est pas non plus respecté par l’Ukraine. Des images montrant des ambulances transportant des armes lourdes ont été diffusées, prouvant que l’armée n’hésite pas à sacrifier et la sécurité de ses blessés, et l’aide apportée aux populations touchées en réquisitionnant du matériel de sauvetage. Plusieurs sources ont également relayé le fait que l’armée ukrainienne a utilisé au moins à six reprises des armes au phosphore blanc, comme dénoncé par un rapport de l’organisation Human Rights Watch. Des armes qui provoqueraient sur sa propre population des blessures incurables, comme des problèmes respiratoires et des défigurements dus aux brûlures qu’entrainent le composé chimique.

Porochenko en mauvaise posture

Comment le président d’un pays se disant démocratique peut-il accepter que des exactions soient commises contre son propre peuple ? En réalité, Petro Porochenko n’est pas non plus un saint. Face à l’anéantissement de son armée, déjà composée de militaires inexpérimentés, le président ukrainien vient de faire passer une loi au Parlement autorisant l’exécution pure et simple des déserteurs. Pour Mathieu Boulègue, chercheur à l’IPSE (Institut Prospective & Sécurité en Europe), Porochenko agit tout simplement en étant le dos au mur, effrayé par sa position bancale. « Porochenko veut la guerre totale, et sa population l’a bien compris. Les séparatistes se sentent désormais comme des terroristes et savent qu’ils ne seront plus jamais acceptés au sein de leur pays. Les autres pensent qu’ils doivent mourir pour la cause de leur président. Celui-ci ne s’en sort pas. Il devrait pourtant admettre la situation : son armée est constituée de jeunes hommes de l’Ouest de l’Ukraine qui n’ont jamais tenu qu’une fourche dans leurs mains et qui sont pourtant prêts à mourir pour leur pays », explique-t-il. Des jeunes gens qui ne risquent donc pas de remettre en cause les actions ordonnées par le gouvernement, quitte à trouver la mort dans l’idée de combattre l’ennemi russe. Coupable d’autant de manipulation et de propagande que les Russes, Porochenko va devoir à tout prix réviser sa politique dans les semaines qui viennent. Et si François Hollande et Angela Merkel ne parviennent pas à lui faire entendre raison, gageons que ses jours à la tête du pays en guerre sont comptés.  #Union Européenne #Russie