Le 25 janvier dernier sera à marquer d'une pierre blanche. Un petit parti ignoré de tous a littéralement mis au tapis les partis traditionnels grecs lors des dernières élections parlementaires anticipées. Adieu Pasok, parti socialiste autrefois victorieux de toutes les élections. Au revoir Nouvelle Démocratie, parti de l'opposition quelques temps synonyme de renouveau après la crise de 2008. Place à Syriza, mené d'une main de fer par le jeune Alexis Tsipras, devenu Premier ministre de la #Grèce à seulement 40 ans. Une success story qui a rapidement fait le tour de l'Europe, et a donné du grain à mouler aux grandes personnalités politiques que comptent l'Union.

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Angela Merkel a bien entendu été la première à réagir face à la victoire triomphante de celui qui veux la voir tomber. Une réduction de la dette grecque ? C'est « Nein ! » pour la chancelière allemande ! « Il y a déjà eu un abandon de créance volontaire de la part de créanciers privés, la Grèce a déjà été exemptée de milliards d'euros par les banques. Je n'imagine pas un effacement de dette supplémentaire. L'Europe va continuer à manifester sa solidarité envers la Grèce, comme envers les autres pays qui ont particulièrement souffert de la crise, à condition que ces pays fassent les réformes et les économies nécessaires », a-t-elle déclaré au journal Die Welt, en réponse aux pressions désormais exercées par la Grèce pour tenter de diminuer le joli pactole de quelques milliards d'euros qu'elle doit à la Troïka.

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Pas de gauche européenne unie

Mais qu'à cela ne tienne, la gauche anti-austérité (à ne pas confondre avec la gauche socialiste) semble s'est levée comme d'un seul bon dans les différents pays européens. En France, c'est Jean-Luc Mélenchon qui se frotte les mains, fier que la victoire de Syriza puisse entraîner une vague rouge sur l'#Union Européenne. « Après la Grèce, viendra le tour de l'#Espagne », avait-il affirmé dimanche dernier. Il était donc tout naturellement présent ce samedi à Madrid, où il a défilé au milieu des Espagnols pour soutenir le parti Podemos. « L'histoire est en train de se faire », a-t-il déclaré. « Après que la chaîne ait rompu en Grèce, on pense qu'elle peut dorénavant rompre en Espagne et à partir de là on peut imaginer que le dispositif actuel de la Troïka (Union européenne, FMI et Banque centrale européenne) et de la gouvernance merkelienne s'effondre », ajoute-t-il, plein d'espoir. C'est qu'il n'est désormais plus tout seul, le Mélenchon : dans tous les pays européens, même ceux peu touchés par la crise, se dressent les partis radicaux de gauche.

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Outre Podemos, le PTB en Belgique a réussi à devancer les Ecolos aux dernières élections de mai 2014, offrant deux places de députés fédéraux à Raoul Hedebouw et Marco Van Hees.

Tsipras, Iglesias, Mélenchon et Hedebouw ont donc la lourde tâche d'unifier le reste de la gauche européenne à leurs côtés. Et malgré ce qu'on pourrait penser après leurs discours victorieux, ce n'est pas partie gagnée : au Portugal, les citoyens pencheraient plutôt du côté Merkel, et pensent que la Grèce doit rembourser ses dettes. Un discours paradoxal puisque le pays a également de nombreuses dettes sur le dos ! En Italie, la gauche radicale est carrément divisée, sans leader pour la mener. En Allemagne et aux Pays-Bas, on entend à peine la voix des petits partis d'extrême-gauche tant le centre et la droite sont surreprésentés au gouvernement et dans le cœur du peuple. Alexis Tsipras est-il vraiment « le cauchemar de l'Europe » comme cela a été avancé partout, et sera-t-il le leader d'une Europe unie contre l'austérité ? Les jeux sont encore loin d'être faits !