Après la Turquie, la Grèce ou encore la Libye, Romain a posé ses valises en #Ukraine. Une première fois entre mars et juillet 2014, puis à nouveau entre septembre et novembre dernier. Depuis le mois de janvier, appareil photo en main, il continue de montrer au monde les multiples visages du conflit qui ronge l'est de l'Ukraine. Romain est photojournaliste depuis plus de cinq ans, et ses clichés, repris par Courrier International, Al Jazeera ou encore Le Monde, font le tour de la planète. "Parler d'un évènement, d'une situation, c'est passionnant, c'est ça qui m'anime. Ça n'a rien à voir avec l'adrénaline, ce sont les rencontres, le côté humain, donner la parole aux gens, faire quelque chose de profond, témoigner, informer les gens pour leur faire comprendre ce qu'il se passe".

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En ce moment même, Romain est à Kiev, après avoir arpenté le pays, entre Donetsk et Odessa. Dans la capitale ukrainienne, "le climat qui règne est particulier, et les gens semblent assez fatalistes. Ils sont persuadés que les séparatistes vont continuer de progresser, et tout le monde a l'air de se préparer à la guerre" observe-t-il, malgré la signature récente des accords de Minsk, qui prévoyaient la mise en place d'un cessez-le-feu dans la nuit de samedi à dimanche. "J'ai le sentiment que ce cessez-le-feu ne servira pas à grand chose. La réalité du terrain n'est pas celle des discussions autour de la table des politiques. Ici, il ne semble pas y avoir de réel dialogue, de contrôle."

La réalité du terrain

La réalité du terrain en Ukraine, Romain, lui, en est le témoin privilégié depuis plusieurs mois : "la couverture de ce conflit, c'est quelque chose de très intense, rempli de moments très marquants. Il y a les bombardements, on se fait tirer dessus, parfois braquer avec une arme. Une fois, j'ai assisté avec d'autres reporters à un kidnapping en plein jour. Trois hommes en tenue militaire, fusils de chasse à la main, ont embarqué un autre homme. Il faut savoir gérer ce genre de situation, de stress." Outre la guerre, il y a le quotidien, la vie des Ukrainiens et des réfugiés.

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"Je suis certains réfugiés, qui ont fuit les zones les moins sûres, j'essaie de montrer comment ça se passe pour eux. Beaucoup d'entre eux sont dans la galère, ne trouvent pas de boulot, de logement, ni même d'amis, et ils sont généralement mal perçus par le reste des Ukrainiens. J'en ai rencontré une qui était barmaid avant, qui avait un bel appartement, de l'argent, et qui aujourd'hui n'a plus rien, qui a tout perdu. Personne ne les aide".

Dans les jours qui viennent, Romain s'en ira suivre les volontaires, "comment ils se préparent, leurs entraînements". Toujours avec l'ambition de montrer au monde ces anonymes dont on ne parle que trop peu, ainsi que les coulisses d'une guerre fratricide : "Ça m'a beaucoup appris, ça m'a permis de voir combien il est facile pour des gens d'une même famille, pour des amis de longue date, de s'entredéchirer pour des raisons parfois obscures, de constater combien les liens entre les hommes peuvent être fragiles". #Journalisme