C'est ce mercredi matin que le verdict est tombé dans ce procès épineux et très médiatisé au sein du plat pays. Sharia4Belgium, organisation fondée en mars 2010 par Fouad Belkacem (de son surnom Abu Imran), a été officiellement reconnue comme organisation terroriste. Le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné ses membres à des peines allant du sursis à 12 ans de prison, comme c'est le cas pour Fouad Belkacem, le « cerveau » du groupuscule islamiste. Ce dernier est notamment jugé comme responsable de nombreux départs de Belges vers la #Syrie.

Epopée d'une lutte contre la démocratie

Tout commence à Anvers, sur le Meir, la principale avenue commerçante de la ville, où Fouad Belkacem s'adonne à des discours publics de haine, en vue d'attirer des personnes qui deviendront des membres de l'organisation à tendance salafiste.

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Le web a également joué un rôle fondamental dans la propagande du groupe. Les jeunes recrues sont endoctrinées et doivent suivre des leçons données par Belkacem lui-même, ainsi que des entraînements physiques. Le but est clairement de préparer ces adhérents au djihad. Belkacem part, ensuite, en août 2011, à la conquête de Vilvorde, em périphérie de Bruxelles. Finalement, ils seront quarante-cinq à se rendre en Syrie.

Tout au long du procès, Belkacem a nié les faits qui lui étaient reprochés. Au cours des débats, il avait notamment déclaré : « Je suis un musulman orthodoxe, ni plus ni moins. Il y a bien des juifs orthodoxes. Il y a aussi des musulmans orthodoxes ».

De l'acquittement à la prison ferme

Les peines varient dans le dossier, et ce aussi en fonction du statut actuel des prévenus.

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Certains, revenus de Syrie, déclarent avoir subi un véritable lavage de cerveau de la part de Fouad Belkacem et bénéficieront d'une peine de prison avec sursis. C'est le cas de Jejoen Bontinck, 20 ans. Le témoignage de celui-ci avait permis de mettre en lumière les démarches entreprises par Belkacem pour transformer des jeunes hommes en prétendants au djihad. Grâce à sa collaboration avec les autorités, il écope de 40 mois avec sursis. D'autres ont, au contraire, assuré être parti combattre de leur plein gré.

Dans le box, on trouve seulement huit prévenus. Les 37 autres personnes poursuivies sont soit décédées sur le front, soit toujours au cœur des combats en Syrie. Parmi ces dernières, les principaux acteurs ont été condamnés à 10, voire à 15 ans de réclusion, tandis que les membres se voient attribuer des peines allant de 5 à 8 ans de prison.

Une mère de 52 ans a, quant à elle, été acquittée. Elle avait envoyé de l'argent à son fils, engagé en Syrie et acquis à la cause de Sharia4Belgium.

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L'engagement de la justice belge

Cette matinée marque donc l'épilogue d'un procès qui avait débuté le 29 septembre 2014, sous haute surveillance. Mais elle atteste également de la sévérité de la #Justice belge, qui a décidé de montrer l'exemple, un peu plus d'un mois après les attentats de Paris qui ont secoué son voisin français. #Belgique