Dans la nuit de samedi à dimanche prenait effet en #Ukraine un cessez-le-feu péniblement accouché des pourparlers de Minxsk. Dans la capitale biélorusse, autour de la table des négociations, le chef de l'État russe, Vladimir Poutine, et le Président ukrainien Petro Porochenko, accompagnés du Président français François Hollande et de la Chancelière allemande Angela Merkel, couchaient sur le papier les accords de Minsk 2, au terme de seize heures de discussions.

Aux alentours de minuit, le Président ukrainien, Petro Porochenko, vêtu de son costume militaire de chef des armées, prenait la parole lors d'une allocution télévisée : "J'espère de tout coeur que cette dernière chance d'entamer le long et difficile processus pacifique pour un règlement politique ne sera pas gaspillée. Comme première étape, je donne l'ordre aux forces armées d'Ukraine de cesser le feu à 00h00 le 15 février." Immédiatement, si de fréquentes rafales d'armes automatiques se sont faites entendre ici et là, armes lourdes et canons ont semblé se taire à Donetsk, à Marioupol ou encore dans la ville stratégique de Debaltseve.

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Deux morts à Popasna dans l'est du pays

Si les autorités ukrainiennes ont indiqué que les combats avaient cessé sur l'ensemble de la ligne de front, deux personnes ont perdu la vie dans l'est du pays : "Peu après minuit, des lances-missiles multiples Grad ont atteint le centre du village de Popasna et tué deux civils", annonçait ce matin Guennadi Moskal, gouverneur de la région de Lougansk. Et quelques affrontements isolés étaient encore recensés malgré le respect global du cessez-le-feu.

Samedi, de nombreux tirs d'artillerie avaient été entendu à Donetsk, et ce jusqu'à quelques minutes de l'instauration de la trêve. Et Debaltseve était toujours le théâtre d'affrontements acharnés selon des journalistes présents sur place. Des violences qui renforcent les craintes de voir cette accalmie aussi peu respectée que les précédentes.

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Des observateurs pessimistes

Si ce cessez-le-feu doit constituer une première étape vers la résolution d'un conflit qui a déjà fait plus de 5 500 morts en moins de dix mois, le Président ukrainien semblait lui-même très pessimiste quelques heures à peine après son intervention : "Malheureusement, après les accords de Minsk, l'opération offensive de la #Russie a significativement augmenté. Le processus de paix est menacé, les rebelles vont utiliser Debaltseve pour saper le régime du cessez-le-feu", confiait-il ainsi lors d'une réunion d'urgence de l'État-major des armées. Avant de déclarer sur Twitter : "Le monde entier retient son souffle anticipant la situation demain matin. Si l'on nous frappe sur la joue nous ne tendrons pas l'autre." Washington accuse de son côté la Russie de continuer à déployer des armes lourdes, confirmant peut-être les doutes des autorités ukrainiennes. Le porte-parole du département d'État américain, Jennifer Psaki, annonçait samedi que "l'armée russe a déployé des armes lourdes et plusieurs systèmes de lance-roquettes autour de Debaltseve. Nous sommes préoccupés par les informations concernant des chars et des systèmes de missiles supplémentaires venus ces derniers jours de Russie." Sur le terrain, certains loyalistes se déclarent par ailleurs hostiles aux accords de Minsk, estimant que le Président ukrainien a fait trop de concessions : "C'est pour ça que nous sommes venus de toute l'Ukraine, pour libérer notre terre. Nous devrions récupérer tout le territoire ukrainien, comme ça tous nos sacrifices n'auront pas été vains. Nous n'approuvons pas le cessez-le-feu ni aucun accord", martelait ainsi le commandant d'un bataillon de volontaires à Kiev.

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#Union Européenne



Petro Porochenko, son homologue russe Vladimir Poutine, le Président français François Hollande et la Chancelière allemande Angela Merkel doivent faire ensemble un premier point sur la situation ce dimanche. Le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies doit de son côté adopter une résolution appelant à appliquer pleinement le cessez-le-feu en Ukraine.