Depuis la mi-janvier, Fabrice Leggeri est le nouveau directeur exécutif de Frontex, l'agence européenne de contrôle des frontières extérieures de l'UE. Face au nombre de plus en plus important de réfugiés qui tentent de rejoindre l'Europe, sa mission est de plus en plus délicate. Il dresse un premier état des lieux de la situation. « En 2014, l'immigration illégale dans l'UE a augmenté de 250%. Il y a des centaines de milliers de migrants potentiels dans les pays autour de l'#Union Européenne. Mais cela ne veut pas dire que toutes ces personnes arrivent vite. Il y a parfois des migrants qui attendent plusieurs années dans un pays en transit, c'est notamment le cas en Turquie », explique le nouveau directeur de l'agence créée il y a dix ans et dont le siège se trouve à Varsovie.

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Ce qui fait souvent la une de l'actualité ces derniers temps concerne les réfugiés en provenance d'Afrique du Nord et qui tentent de rejoindre les côtes italiennes. « Il y a plus de 42% de migrants vers l'Italie par rapport à l'année dernière. L'opération italienne Mare Nostrum en contact avec les côtes libyennes a pris fin en novembre 2014 pour laisser place à l'opération Triton. L'Europe veut que celle-ci se poursuive jusqu'en 2016 », indique Fabrice Leggeri. Qui rappelle encore les missions principales de Frontex souvent attaquée pour son manque d'efficacité. « Frontex, comme l'UE, a des compétences de gestion des frontières extérieures, pas de secours en mer. Malgré tout, nous sauvons ces immigrés en mer. Notre mission est la solidarité avec les pays européens, via notamment des bateaux et des avions. Depuis le 1er novembre 2014, un tiers des vies sauvées est dû à la collaboration avec Triton. Nous sommes un outil de solidarité, là où un pays membre signale qu'il a un souci ».

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Un million de déplacés en Ukraine 

Outre le sud de l'Europe, de nouvelles voies d'accès sont également présentes dans l'est, en Bulgarie. « En 2013, il y a plus de 10 000 migrants et nous renforçons les contrôles dans cette zone. Il y a de nombreuses raisons géopolitiques à cette hausse : la guerre en Syrie, le Proche-Orient et Daesh ». Quant à l'Ukraine, un afflux est également à prévoir. « Pour le moment, la situation n'est pas anormale aux frontières entre l'Ukraine et l'Union européenne. Mais je ne peux pas prévoir la situation en 2016 et 2017. Il faut compter un million de déplacés dans le pays. Si ça s'éternise, il y aura bien évidemment des conséquences ». Enfin, la Turquie est considérée comme un partenaire privilégié dans ce contrôle. « Le pays est candidat à l'adhésion et nous menons avec lui des coopérations approfondies ».