Ce devait être une grande première pour la branche anglaise du mouvement Pegida, « Les Patriotes Européens contre l'Islamisation de l'Occident. » Mais la manifestation islamophobe organisée samedi dans les rues de Newcastle au nord-est de l'Angleterre n'a pas eu l'effet escompté. 2000 contre-manifestants se sont opposés à la marche - soit cinq fois plus que le nombre de partisans. Un mouvement qui peine à s'ancrer dans les pays d'Europe.

De Dresde à Newcastle, Pegida passe les frontières

Fondé à Dresde en octobre 2014 pour lutter contre « l'islamisation de l'Allemagne, » le mouvement Pegida a fédéré des centaines de milliers de personnes est a rapidement fait des petits partout outre-Rhin.

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A sa tête, le très polémique Lutz Bachmann, quadragénaire ancien braqueur et trafiquant qui, obligé de démissionner suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d'un portrait de lui grimé en Adolf Hitler, a été largement réélu par l'équipe à la tête du mouvement où siège notamment Melanie Dittmer, 36 ans, figure emblématique de Pegida. Rapidement, le mouvement a dépassé les frontières allemandes et s'est installé aux quatre coins de l'Europe : Autriche, Suisse, Scandinavie mais aussi Espagne, France et maintenant Angleterre.

A Newcastle comme à Dresde le message est le même. La motivation est toujours celle de la peur de l'effacement des valeurs occidentales face à une #Immigration ressentie comme une menace à la survie de la culture européenne. Une idée derrière laquelle se presse des manifestants de tous horizons.

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Etudiants, retraités, familles, tous osent derrière Pegida montrer au grand jour leur ressentiment face aux décisions politiques des gouvernements en matière d'immigration qu'ils jugent très loin de leur quotidien. « Notre principal objectif est de protéger nos valeurs britanniques et notre culture » (Organisateurs de la manifestation Pegida à Newcastle).

Un mouvement minoritaire que l'Europe refuse

Si le mouvement s'exporte rapidement, il peine à s'ancrer véritablement. Sauf à Dresde, les partisans de Pegida se retrouvent partout ailleurs face à d'importantes protestations d'anti-pégidistes. Parmi les contre-manifestants de Newcastle, le député d'extrême gauche Georges Galloway restait confiant : « Toutes les personnes sensées au Royaume-Uni condamnent l'idée qu'un groupe n*** allemand vienne dans le Nord-Est de l'Angleterre pour tenter de semer le trouble. »

En France, Pegida essaye aussi de prendre sa place avec la création d'une branche française par l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus.

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Interdit par la préfecture de police de Paris, la marche prévue en janvier dernier avait été annulée et remplacée par une conférence de presse. Fondateur du Parti de l'innocence en 2012, Renaud Camus avait été condamné en avril 2014 pour « provocation à la haine religieuse et à la violence. » Paris, Lyon, Bordeaux, le mouvement islamophobe, poussé entre autres par les récents attentats qui ont secoué le pays, s'installe déjà dans l'hexagone. Sera-t-il systématiquement rebouté ?

BN #Islam