Il pourrait s'agir du dernier procès d'un ancien nazi. Oskar Gröning, âgé de 93 ans, comparaît à partir de ce mardi, et jusqu'au 29 juillet prochain, devant le tribunal de Lunebourg, une ville située dans le nord de l'#Allemagne (Basse-Saxe), pour « complicité de meurtres aggravés. » Il encourt une peine de 3 à 15 ans de prison.

Un « rouage » de la politique d'extermination

De 1942 à 1944, ce sergent de la Waffen-SS, la branche militaire de la Schutzstaffel (SS), a servi en qualité de comptable du camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne occupée. Il est accusé d'avoir contribué à la mort, dans les chambres à gaz, de 300 000 Juifs hongrois déportés vers le camp où il était affecté, entre mai et juillet 1944.

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Le parquet estime qu'en « gardant les bagages » des précédents convois pour qu'ils ne puissent pas être vus par les nouveaux arrivants, il a évité des mouvements de panique et a donc favorisé une mise à mort sans heurts.

Il lui est également reproché d'avoir trié les devises, principalement étrangères, des déportés pour les envoyer à Berlin. Il aurait également assisté une fois - sans toutefois y participer - à la sélection qui était effectuée par ses collègues SS à l'arrivée des déportés dans le camp. Celle-ci séparait ceux qui étaient aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement envoyés vers une mort atroce dans les chambres à gaz.

Oskar Gröning s'est décrit lui-même comme un « bureaucrate. » Il jure n'avoir « jamais donné une gifle » à quiconque pendant toutes les années où il était en poste à Auschwitz.

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D'ailleurs, l'accusation ne lui reproche aucune violence directe. Elle le considère comme un « rouage » de la politique d'extermination mise en place par les nazis.

En outre, l'ancien sous-officier de la Waffen-SS, malgré son travail administratif, n'ignorait rien de l'extermination massive des déportés. Il a demandé, à plusieurs reprises, à changer d'affectation. Ses requêtes furent toutes refusées par ses supérieurs hiérarchiques.

L'Allemagne plus sévère avec les anciens nazis

En 2003, Oskar Gröning a témoigné, expliquant vouloir « combattre le négationnisme », dans un documentaire réalisé pour la BBC sur le camp de concentration d'Auschwitz. En 2005, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, il a demandé pardon aux victimes de l'Holocauste, assurant qu'il n'a « jamais trouvé la paix intérieure. »

L'Allemagne, depuis quelques années, se montre particulièrement sévère avec les anciens nazis, même s'ils n'ont pas participé directement à des actes criminels.

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Leur seule fonction au sein d'un camp de concentration ou d'extermination au cours de la Seconde Guerre mondiale peut permettre à la #Justice de les poursuivre.

Plusieurs parties civiles souhaitent qu'une peine plus adaptée à son âge soit prononcé à son égard, dans le cas où il serait reconnu coupable. Elles évoquent des « travaux d'intérêt général pour raconter son passé dans les écoles. »

Entre 1940 et 1945, plus de 1,1 million de déportés, dont un million de Juifs, ont péri dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, victimes de la barbarie nazie et de la folie meurtrière des dirigeants allemands de l'époque.