Les immigrés roumains en France sont bien souvent victimes de préjugés aussi tenaces qu'ineptes. Voleurs, mendiants, fainéants... Ce sont bien souvent les qualificatifs qui reviennent quand on parle d'eux. Alors que ces adjectifs peu glorieux font plus souvent référence aux Roms/Tsiganes, originaires de Roumanie ou d'ailleurs [VIDEO]

Blasting News tient à démontrer par A+B que les Roumains sont des gens courageux, travailleurs et désireux de s'intégrer dans une France qui a encore un peu de mal à dessiner les contours de son multiculturalisme. Ingénieurs, médecins, étudiants, directeurs, assistants sociaux, bénévoles: les Roumains font en sorte d'améliorer le futur de la France. En voici quelques-uns.

Florentina, 41 ans, manager dans un hôtel de luxe parisien: "Nous sommes prêts à tout pour réussir."

Florentina, originaire de Baia Mare, dans le nord de la #Roumanie, est arrivée en France il y a une dizaine d'années. Sans papiers, elle a d'abord travaillé comme serveuse dans une brasserie. "Quitter son pays, sa famille et ses amis n'est jamais facile, raconte-t-elle. Beaucoup font demi-tour après quelques mois, voire un an. Moi je me suis accrochée et j'ai eu la chance de tomber sur des gens bien. Car émigrer, c'est ça aussi, il faut avoir de la chance." Après trois ans comme serveuse, Florentina a voulu trouver un emploi plus stable. Elle a commencé une formation de gouvernance dans l'hôtellerie de luxe. Au bout de quinze mois, elle a été embauchée comme assistante de gouvernance dans un hôtel près de l'Opéra, à Paris. Avant de gravir rapidement les échelons et de prendre finalement la tête de ce service.

"Quand on veut on peut. Peu importe les préjugés, les gens qui nous confondent avec les Roms, ceux qui pensent que la Roumanie vit sans électricité, que nous ne sommes pas éduqués, s'exclame Florentina. Il faut changer les mentalités en France comme en Roumanie. Mettons un terme à la corruption, les Français nous regarderons probablement autrement."

Cora Vijoi, 31, entrepreneuse dans la construction: "J'ai commencé femme de ménage, aujourd'hui j'ai deux entreprises." 

Cora, originaire de Ploiesti, a fait ses valises pour la France en décembre 2005. L'objectif de ce voyage? Profiter du charme français pour passer de bonnes fêtes de fin d'année! Ensuite... elle n'est plus jamais repartie. "J'ai été une femme de ménage, comme beaucoup, raconte Cora. Puis j'ai trouvé un emploi comme réceptionniste dans un hôtel. Je continuais à faire des ménages. Puis je me suis lancée, et aujourd'hui je peux prendre soin de mes trois enfants grâce à mon entreprise en France et celle que j'ai en Roumanie."

Cora n'a pas vraiment ressenti de problèmes à l'intégration. "J'ai eu un peu de mal à trouver un appartement, mais je pense que c'est lié au fait que je ne parlais pas français, confie-t-elle. Il y a toujours des gens qui quand on leur dit qu'on vient de Roumanie, répondent 'ah bon' d'un air un peu méprisant. Mais ils sont une minorité. Comme les Roumains ou les roms possédant une passeport roumain et faisant des conneries."

Andreea Ionica, 52 ans, fonctionnaire européenne: "Comme tous les Roumains, je faisais la queue pour du lait en poudre. Aujourd'hui, je travaille au parlement européen." 

Andreea vient de Constanta. Elle a quitté la Roumanie en 1990, quelques jours après la chute de Ceausescu. "Je suis partie avec mon mari pour la Suède. J'ai dû laisser ma fille de quelques mois chez ses grands-parents, explique-t-elle. J'avais un diplôme de biologiste. Les Suédois m'ont dit qu'il valait aussi cher que du papier peint... Je n'ai pas perdu espoir, j'ai appris le suédois avant de me relancer dans des études dans le business et le marketing." Andreea a ensuite fait un échange universitaire à Marseille. "Je suis tombée amoureuse de la France et ne l'ai plus jamais quittée. Aujourd'hui je vis avec mes deux enfants à Strasbourg. Mon ex-mari est resté en Suède. J'ai tenté ma chance au parlement et j'ai réussi."

Andreea dit avoir eu certaines difficultés à s'intégrer. "Je suis partie dans les années 1990. Des tsiganes roumains affamés mangeaient les oies dans les parcs de Vienne. Notre image était pire encore qu'elle ne l'est maintenant, assure-t-elle. Le problème, ce sont ceux qui vivent pour le vol... Ils pourrissent la vie de millions de Roumains dans la mesure où on nous voit comme des voleurs, des bandits ou des profiteurs."

L'immigration roumaine? Un bilan positif!

Après la peur du plombier polonais, l'angoisse des travailleurs roumains débarquant entassés par dizaines dans des Dacia. Pourtant, rien n'est plus faux. Selon une étude suédoise parue en 2014, l'Europe de l'Ouest a beaucoup gagné avec l'intégration européenne de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. Et ce sont l'Irlande et le Royaume-Uni qui en tirent les plus gros bénéfices. Etranges quand on connait les relents xénophobes (roumanophobes?) de certains élus britanniques...

 Alors, selon vous, l'#Immigration roumaine, une chance pour l'Europe et la France?