Si pendant longtemps le #Royaume-Uni a eu une "tradition" de bipartisme, cela ne semble plus être le cas. D'ordinaire, il y a deux grands partis traditionnels: d'une part, les conservateurs (centre-droit), de l'autre, les travaillistes (centre-gauche). Aujourd'hui cependant, les citoyens britanniques ne semblent plus faire confiance aux dirigeants habituels. Dès lors, ils se tournent vers d'autres petits partis, tels que l'Ukip, un parti anti-européen.

Lors des derniers sondages, l'Ukip semblait remporter 13% des voix dans le cadre de ces élections. Ce parti a d'ailleurs remporté les élections européennes en 2014, force est de constater qu'il a un impact certain… Néanmoins, ici, le mode de scrutin ne lui permettra pas d'atteindre son but.

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Pénalisé par le scrutin majoritaire uninominal à un tour

Les sondages prévoient pour le parti de ne remporter que quatre ou cinq sièges. En cause, le fait qu'avec ce mode de scrutin, seul le parti en tête dans la circonscription gagne un siège. Et les votants de l'Ukip sont trop dispersés à travers le pays que pour former des blocs permettant au parti de remporter de nombreux sièges.

Cette situation profitera plus que probablement aux nationalistes écossais. En effet, le Scottish National Party (SNP), très populaire en Ecosse, est bien parti pour remporter une importante majorité des sièges, si pas la quasi-totalité, dans cette région. 59 sièges y sont en jeu, sur un total de 650 pour l'ensemble du Royaume-Uni. Si les sondages disent vrai, le SNP pourrait devenir la 3ème force politique, et constituer donc un allié dans le gouvernement de coalition.

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Mais un allié dont ni les travaillistes ni les conservateurs ne veulent! Selon les deux partis traditionnels, le SNP a pour ambition de briser l'union du royaume.

Un leader europhobe, Nigel Farage

Âgé de 51 ans, Nigel Farage a été à la tête de l'Ukip entre 2006 et 2009, et l'est de nouveau depuis 2012. Son parti prône sans équivoque la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Cette dernière est accusée d'empêcher le pays d'exercer pleinement sa souveraineté. Ce qui passe notamment par un contrôle accru des flux migratoires, un contrôle que l'appartenance à l'UE ne permet pas. Selon le parti, l'immigration en provenance de l'Europe de l'est implique pour le Royaume-Uni de l'insécurité, des salaires plus bas, et une dissolution de l'identité anglaise.

L'Ukip  a été qualifié de raciste à cause de ses affiches de campagnes à l'occasion des élections européennes de 2014. Par exemple, l'une d'entre elles représente un ouvrier étranger en train de mendier, avec pour message: "Les travailleurs britanniques sont fortement touchés par la main d'œuvre illimitée et bon marché".

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Ces affiches choc  ont directement été pointées du doigt par les opposants politiques du parti, les jugeant racistes et sectaires. Ce dont s'est défendu Nigel Farage, n'assumant pas ces qualificatifs.

Une alliance avec les conservateurs est-elle possible?

Dans l'optique où les conservateurs emportent la majorité, mais que celle-ci n'est pas suffisante pour leur permettre de gouverner seuls, ils devront s'en remettre à une coalition avec d'autres petits partis. Les conservateurs auront peut-être besoin des quelques sièges obtenus par l'Ukip pour atteindre les 326 sièges nécessaires pour avoir une majorité. Cependant, iront-ils réellement chercher ces sièges chez l'Ukip? Ou choisiront-ils un autre petit parti?

Étant donné que David Cameron a accepté d'organiser un référendum à l'horizon 2017, sur le sujet d'une sortie de l'Union européenne, l'Ukip pourrait y voir en quelques sortes un allié pour gagner une petite place au sein de la coalition.

Le parti d'Ed Miliband, lui, est totalement contre une sortie de l'Union européenne, affirmant que cela serait un vrai désastre. Dès lors, une coalition avec l'Ukip semble difficilement envisageable. #Élections