En ce jeudi 7 mai 2015 ont eu les élections législatives au Royaume-Uni. Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces échéances.

Le premier est la lourde défaite du Labour (ou Parti Travailliste, équivalent du PS en France), qui n'avait jamais eu aussi peu de sièges depuis 1987 et la victoire de Margaret Thatcher.

Le second est la quasi-disparition de ce même parti Travailliste d'Ecosse où le SNP (Scottish National Party) remporte 56 des 59 circonscriptions de la région. Un nouveau référundum sur l'indépendance n'est pas à exclure dans les prochains mois.

Le troisième est la lourde défaite des Libdem du vice-Premier ministre Nick Legg qui passe de 57 à 8 sièges.

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Mais l'enseignement le plus important est la nette victoire des Tories (conservateurs, équivalent de l'UMP) qui obtiennent la majorité absolue avec pas moins de 331 sièges.

Un exemple pour les partis français

Cette victoire de David Cameron est d'autant plus impressionnante que le Premier ministre a mené dès le début de son mandat une politique de réduction des déficits pro-business.

Ainsi, la part des dépenses publiques dans le PIB est passé de 50% à 43%, les frais d'inscription à l'université ont triplé, et les dépenses de santé ont elles aussi été fortement réduites.

Mais l'une des reformes les plus décriées reste celle du marché du travail avec les contrats "zéro heure". Cette loi permet à toute entreprise d'avoir recours à des salariés, qui doivent se rendre disponibles pour l'entreprise à tout moment, et sans horaire de travail minimal.

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Aujourd'hui, ces réformes commencent à porter leurs fruits puisque la croissance fut de 2,6% en 2014, et l'estimation pour 2015 sera toute aussi solide.

Ces réformes ont permis à David Cameron de récolter les fruits de ses efforts avant la fin de son mandat.

Les responsables politiques français seraient bien inspirés de copier la méthode britannique. En France, les présidents de la République effectuent souvent des semi-réformettes à mi-mandat.

Résultat: aucune de ces lois n'est suffisante pour produire des effets avant la nouvelle élection. Et quand bien même elles seraient effectuées dès le départ, il faudrait aller beaucoup plus loin.

Bien sûr, tout n'est pas rose au pays de la City. Les inégalités ont explosé (si bien que le nombre de bénéficiaires de banques alimentaires avoisine les 900.000 personnes et le taux de pauvreté dépasse les 13% de la population), et atteignent désormais un niveau critique.

Malheureusement pour les Britanniques, Cameron a promis de poursuivre la même politique de rigueur pro-entreprise. Et même si le temps des récoltes n'est pas pour demain, le pays est désormais engagé sur la voie du désendettement, chose qui est encore loin pour la France. #Élections #Royaume-Uni