La possibilité d'un « grexit » semble de moins en moins réaliste alors que les membres du gouvernement grec ne cessent de répéter à qui leur pose la question qu'ils ne souhaitent aucunement sortir de l'#Union Européenne et comptent tout faire pour rester au sein même de la zone euro et que Jean-Claude Juncker vient d'applaudir la présence du chef de la république hellénique dans l'hémicycle du parlement européen en affirmant que les négociations n'aurait jamais dû être interrompues.

Alexis Tsipras se pose en porte parole de la fraction grandissante des responsable européens souhaitant une nouvelle ligne pour l'UE

Bien que convaincu que l'Union Européenne est soumise à une gouvernance oligarchique favorisant les plus riches, les multinationales et les banques ; le président grec ne fustige pas pour autant l'union européenne en tant qu'entité comme ne cesse de le faire le Front National.

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Il appelle au changement, au renouveau de l'Europe. Alexis Tsipras et son gouvernement s'opposent à la politique européenne actuelle dont Angela Merkel est la plus fervente avocate et défendent une toute autre vision de l'Union Européenne. La « crise grecque » pose donc la question du financement des dettes publiques tout en semant implicitement les germes d'une « rébellion idéologique », celle d'une fraction de la classe politique européenne dont le gouvernement grec se fait le porte-parole, qui souhaite repenser le fonctionnement et les objectifs de l'Union Européenne.

Le président grec, à l'instar de grands économistes comme Thomas Piketty souhaite la fin de l'austérité

Les leaders de cette vision « plus sociale » de l'Europe, souvent d'extrême gauche, considèrent le néolibéralisme comme une erreur et rêve d'une Europe qui soit d'abord profondément démocratique, dont la légitimité reposent sur ses citoyens eux-mêmes et dont les actions soient transparentes.

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Leur Europe se devrait aussi d'être solidaire et « équilibrée » entre le nord et le sud, une Europe où le « mur de l'argent », selon l'expression de M. Tsipras lui-même, n'aurait plus de raison d'être. Cette Europe s'oppose à celle de l'austérité que nous expérimentons depuis plus de 6 ans qui, à leurs yeux, n'a fait qu'augmenter le chômage et continue à conduire l'union à son propre suicide. Or, le FMI lui-même n'a-t-il pas reconnu avoir sous-évalué le mécanisme de multiplicateur en période de récession au vu des conséquences de l'austérité en #Grèce ? Une affirmation qui revient ni plus ni moins à admettre qu'une relance par une augmentation des dépenses publiques aurait pu avoir des effets plus positifs que l'austérité.

Le gouvernement grec semble plus proche que jamais de parvenir à imposer ses conditions à l'union européenne

Cependant, la Grèce est dans une impasse dont l'urgence doit primer sur les considérations idéologiques et le gouvernement en est conscient. Courageusement, alors qu'il ne détenait point le poids diplomatique pour imposer ses conditions à la table des négociations, Alexis Tsipras a pourtant réussi le pari d'amener l'Europe à l'écouter ce mercredi 8 juillet.

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Est-ce lié au complexe d'infériorité, au sentiment de dette historique, ressenti par le reste des pays de l'Union Européenne face au berceau de la démocratie ? Ou bien au 61,31% obtenus au référendum dont nul homme politique ne peut critiquer la souveraineté ? Peut-importe, il est évident qu'Alexis Tsipras qui annonçait au parlement européen cet après-midi que « l'Europe se trouve à un carrefour historique » compte se battre pour imposer sa vision de l'Union Européenne à long terme et surtout pour apaiser à court terme l'écrasant fardeau qui pèse sur la population grecque en rééquilibrant le poids des efforts fournis par ses citoyens et en obtenant la restructuration et le rééchelonnement de la dette nationale, ce qui semble de plus en plus envisageable.