L'issue du referendum britannique sur le maintien ou non du Royaume Uni dans l'#Union Européenne donne vraiment à réfléchir. Comment les hommes politiques ont-ils réussi à faire avaler une telle couleuvre aux Anglais ?

L'état d'avancement de la mondialisation

Voici un moment que la mondialisation a débuté. Même si de par son caractère trop économique, elle n'ouvre que les frontières douanières, fermant hermétiquement les frontières politiques, elle est déjà très avancée. Sur les continents, des organisations régionales émergent, certaines si intégrées qu'elles font penser au fédéralisme d’État. C'est l'exemple de l'Union Européenne.

Publicité
Publicité

Avec le processus de mondialisation et l'avancement de l'intégration européenne, l'Europe est parvenue à opérer une véritable catharsis sur elle-même, en évacuant de son sol ses nombreux conflits armés qui ont marqué toute son histoire.

Là où ces pays vivaient en vase clos, repliés sur eux-mêmes, les frontières ont cédé. Il résulte que la mobilité des citoyens n'a jamais été aussi stimulée. On va où on veut et quand on veut dans l'espace Schengen. Jamais auparavant le droit d'aller et venir, droit fondamental consacré par les traités internationaux et nos morales nationales, n'a été aussi observé. Plusieurs sont devenus polyglottes. Les enfants européens qui naissent au 21ème siècle sont épanouis dans un espace de douceur et de tendresse, prohibitif de violence et de toute agression. Un tel résultat du mieux vivre ensemble, c'est le merveilleux projet politique de l'Union Européenne qui l'a permis, car par lui, l'Europe a pu contenir les violences et les guerres de chiffonniers.

Publicité

Vraiment, tout était-il beau, trop beau pour que tout s'arrête ?

L'état-nation, une notion anachronique au 21ème siècle

Au 21ème siècle, après avoir expérimenté la douceur de vie dans l'espace de l'Union Européenne, qui peut croire encore à un repli sur soi en Europe, ou même ailleurs dans le monde ? Par la douceur, la tendresse, la paix et la joie de vivre que l'Europe offre, tous les peuples du monde, acculés par le chaos, y affluent en grand nombre. Qui a intérêt à tirer l'Europe par le bas, la faire revenir en arrière, dans ses anciennes frontières, avec le risque d'affrontements archaïques que suscitent "la souveraineté" ? Telles étaient les questions posées aux Anglais à ce referendum du jeudi 23 Juin 2016. Et, à travers les Anglais, à nous autres Européens.

Autrement dit, est-il possible d'imaginer un seul instant retourner au 19ème siècle, au niveau des états-nations ; pour encore se disputer de petits bouts de terre, des morceaux de territoires, et finir par des guerres ignobles qu'aujourd'hui on appellerait des génocides ? C'est ça, la souveraineté.

Publicité

En effet, la souveraineté n'apporte rien de beau, à part le conflit. C'est ce qu'il ressort du Manifeste de Ventotene, écrit en Juin 1941, ayant inspiré la création de l'Union Européenne. Après les souffrances infligées à l'Europe et à l'humanité par les guerres napoléoniennes au 19ème siècle, et les deux grandes guerres mondiales pour raisons de souveraineté nationale, y a-t-il vraiment un seul parmi nous à vouloir les revivre ? Mine de rien, c'est le sens du vote des Anglais auxquels on a vendu un produit périmé : la souveraineté nationale.

Le processus de mondialisation serait-il réversible ?

Ce qui ressort de ce vote du Brexit, c'est non seulement la démagogie de certains de nos hommes politiques, mais aussi la naïveté des peuples, donnés pour être toujours à l'écoute des faux prophètes selon la Bible. C'est le moment de dire aux souverainistes d'arrêter de rêver et de nous mettre en danger. Le processus de mondialisation, malgré ses faiblesses, suit son court. Il arrivera à son terme. Rien ni personne ne l'arrêtera. Le fantasme de la souveraineté nationale est un leurre, car il est dépassé. La preuve en est que depuis jeudi dernier, où les Anglais ont mangé de son produit périmé, l'Europe entière est malade. Et avec elle, le monde entier contaminé. #Royaume-Uni