Que le futur gouvernement britannique invoque l’article 50 du traité de Lisbonne dès le 10 Septembre (au lendemain de la nomination de sa ou de son nouveau Premier ministre), ou beaucoup plus tard, voire même jamais, y changera peu : la donne a déjà évolué pour la #Suisse. Car si les éventuelles négociations avec le #Royaume-Uni pourraient s’étaler sur plus ou moins deux ans, l’échéance, pour la Suisse, c’est dans huit mois, en Février 2017..

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Comme la Norvège ou l’Islande, la Suisse bénéficie des droits et obligations d’un accord avec l’UE. Il est similaire à celui des pays membres de l’Espace économique européen, mais de moindre portée : la contribution au budget de l’UE est moindre, et la préférence nationale pour l’accès au marché du travail est maintenue. Cette dernière est désormais le principal point d’achoppement dans les négociations helvético-européennes qui se poursuivront cet été, avec Février 2017 pour date butoir.

 

Prolonger la dérogation sur la libre circulation des personnes pour la Suisse serait, pour l’UE, offrir un argument aux Britanniques lors d’éventuelles futures négociations. Si ce point crucial n’était pas résolu, une rupture globale (ou plutôt partielle) de l’accord pourrait intervenir. Or, la Suisse exporte entre 55 et 56 % de ses biens et services vers les pays de l’actuelle Union et ses associés.

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L’UE pourrait par exemple relever les droits de douane… La Suisse pourrait transiger et tenter d’obtenir, comme l’a fait le Royaume-Uni, une restriction de l’ouverture aux aides sociales pour les ressortissants des pays de l’UE et de l’EEE. Mais la position européenne à l’égard de la Suisse s’est déjà durcie en matière d’échanges universitaires et de coopération scientifique. Un pré-avertissement pour le Royaume-Uni ?

 

Aux lendemains du référendum populaire suisse "contre l'immigration de masse" de Février 2014, l'UE avait sabré ses subventions aux scientifiques, aux entreprises innovantes suisses, et pour les échanges Erasmus. On comprend mieux pourquoi universitaires et étudiants britanniques ont voté majoritairement pour le maintien dans l'UE. #Brexit