Heinz means beans, proclame la publicité pour les boîtes de haricots sauce tomate, et Theresa May, qui succédera à David Cameron au 10 Downing Street, a su adapter la formule, car #Brexit means Brexit.

 

Après le retrait de divers concurrents et l’élimination de Michael Gove (faute de voix suffisantes des membres conservateurs des Commons), il ne restait plus, face Theresa May, qu’Andrea Leadsom. Cette dernière a déclaré forfait. Elle aurait dû rassembler une très forte proportion des conservateurs en faveur du Brexit (dont elle avait soutenu la campagne), mais cela n’aurait pas, a-t-elle estimé, suffi. C’est donc au profit de sa concurrente qui s’était prononcée pour le non au référendum sur la sortie de l’#Union Européenne qu’elle renonce, rendant inutile un départage qui devait se produire le 9 Septembre.

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Theresa May, Première ministre, ne remettra pas en cause le résultat du référendum. Déjà, ces derniers jours, le gouvernement avait fait savoir que la pétition réclament un débat parlementaire sur un second référendum ne serait pas prise en considération. Le parlement (en fait, les Communes) n’est toutefois pas tenu de valider le résultat, mais la majorité conservatrice fera sans doute bloc derrière la nouvelle Première ministre. Jusqu’à la semaine dernière, il y avait peu de différences fondamentales entre les deux candidates qui, sur les sujets de société, comme le mariage gay, ont exprimé les mêmes réticences. Andrea Leadsom avait certes insisté sur le fait qu’elle avait des enfants et non pas sa concurrente, mais l’argument n’avait pas été considéré si déterminant.

 

Mais hier dimanche, dans un discours de campagne à Birmingham, Theresa May a mis très fortement l’accent sur l’un des thèmes qu’elle avait auparavant esquissé : une meilleure justice sociale.

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Elle s’est engagée à mener "une sérieuse réforme sociale", à appliquer de strictes mesures visant à limiter les très fortes rémunérations et avantages des dirigeants d’entreprise, à ce que consommateurs et employés soient mieux représentés dans les conseils d’administration. Ce n’est pas tout à fait un slogan à la François Hollande "ennemi de la finance", mais cela s’en rapproche, et surtout, cela marque un total changement de cap. "Nous pensons que tout le monde – et plus seulement la minorité privilégiée – a le droit de maîtriser le cours de son existence et que chaque génération – de dirigeants politiques ou d’entreprises, de nous tous – doit être la garante responsable transmettant le meilleur à la suivante". Elle a dénoncé les inégalités entre riches et pauvres, blancs et personnes de couleur, hommes et femmes, jeunes et plus âgés, etc... Et conclut que désormais, le parti conservateur se mettra "au service des travailleurs" (working people).

 

Elle a aussi tiré ses conclusions du référendum qui a fortement opposé les régions et les classes sociales.

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Il s’agit de recréer les conditions d’une forte unité nationale. En cela, elle réagit aussi aux menaces de l’Ukip, le parti nationaliste, qui soutenait sa rivale, et promettait de se renforcer si elle accédait à la primature.  Les très riches donateurs de l’Ukip veulent rassembler dix millions de livres, refonder le parti sur de nouvelles bases et s’en prendre résolument à un futur gouvernement dirigé par Theresa May. Laquelle a su débaucher des partisans conservateurs du Brexit et leur assurer qu’elle s’emploiera à mieux contrôler l’immigration. Elle leur a promis que l’application de l’article 50 du traité de Lisbonne sera demandée vers la fin 2016 et que la sortie totale du #Royaume-Uni de l’UE sera effective en 2020 au plus tard. Dès sa désignation « par défaut », Boris Johnson, Micheal Gove, et d’autres figures pro-Brexit l’ont assuré de leur soutien, tout comme son ex-rivale, qui avait été lâchée par la presse proche des conservateurs.

 

Il est envisagé que David Cameron se désistera de ses responsabilités mercredi et qu’il présentera Theresa May à la reine le lendemain, cette formalité officialisant son retrait.