À peine installée au 10 Downing Street, Theresa May, nouvelle Première ministre britannique, a commencé, dans la soirée de mercredi soir, à former son gouvernement. Le premier visiteur a été Philip Hammond, l’ancien ministre des Affaires étrangères de David Cameron. Peu de temps après, vers 19 heures (locales, 20 à Paris), le premier communiqué officiel de la primature May annonçait que "la reine approuvait la nomination de Philip Hammond en tant que chancelier de l’Échiquier", et que l’ancien titulaire, George Osborne, ne retrouvait aucun portefeuille.

 

George Osborne était la cheville ouvrière du Project Fear, du scaremongering (alarmisme outrancier) lors de la campagne référendaire pour le Remain (le maintien dans l’UE).

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Mais surtout il incarnait le conservatisme nasty (implacable et indécent à l’égard des pauvres, indulgent envers les privilégiés) que Theresa May avait dénoncé naguère et duquel, dans ses plus récents discours, elle promet un total revirement. Voici quelques jours, il annonçait que pour palier les conséquences du #Brexit, il planchait sur une réduction des charges et impôts pesant sur les entreprises, ramenées à 15 % (soit sept ou cinq points selon les cas, à un niveau proche de l’irlandais, de 12,5 %).

 

Étant passé des Transports à la Défense, puis aux Affaires étrangères, Hammond est un eurosceptique… mesuré. L’autre partisan le plus en vue du Brexit, Boris "Bojo" Johnson, a été le second invité : il remplacera Hammond aux Affaires étrangères. C’est une manière de le neutraliser : théoriquement, il devrait conduire les négociations avec l’UE, et s’il échouait, il ne pourrait en imputer la responsabilité à Theresa May, et tenter de briguer son poste.

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En réalité, le troisième visiteur de la soirée, David Davis, qui fut proche de David Cameron, pourrait être, avec Hammond, le véritable négociateur face à l’UE. Un nouveau titre a été créé pour lui : secrétaire d’État pour "Exiting the European Union" (la sortie de l’UE).

 

Sans surprise, Amber Rudd, classée eurosceptique, ex-secrétaire d’État à l’Énergie, première femme à être nommée dans le nouveau gouvernement, remplace Theresa May à l’Intérieur.

Michael Fallon est nommé à la Défense. Natif de Perth (Écosse), il était passé de l’économie à l’énergie avant d’être nommé au poste qu’il conserve donc. C’est un libéral qui avait plaidé pour la privatisation de la Poste royale. C’est aussi, comme Theresa May, un conservateur pur-jus dans le domaine sociétal (dont le mariage gay).

Liam Fox, ancien ministre de la Défense (2010-2011), et candidat au poste de Premier ministre s’étant désisté, est nommé au Commerce extérieur. C’est aussi un Écossais "unioniste", fortement eurosceptique.

 

Diverses femmes devraient être nommées à des postes de secrétaire d’État.

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La première, superficielle, analyse après ces nominations clef confirme que Theresa May veut vraiment rassembler le parti autour d’elle, préserver l’unité du #Royaume-Uni, et était sincère en s’exclamant que "le Brexit, c’est le Brexit". Elle avait eu des mots très durs à l’égard de BoJo (Johnson) mais sa nomination sanctionne aussi Michael Gove, qui avait trahi l’ex-maire de Londres, et se retrouve marginalisé.

 

David Davis avait auparavant conforté la position de Theresa May sur les négociations quant au devenir des ressortissants européens résidant au Royaume-Uni. Leur accorder des garanties impliquerait une réciprocité de l'#Union Européenne quant aux statuts des Britanniques résidant dans ses 27 pays.