L’agresseur de Charleroi, qui avait blessé des policières, a fait un émule dans la banlieue de Rotterdam. L’attaque s’est produite hier mardi, à la station de métro Spijkenisse. Pas de machette, cette fois, mais une feuille de boucher, et une même cible : des policiers. L’un d’eux a pu tirer à temps, blessant l’agresseur à la jambe. L’homme, 35 ans, habitant la cité, a chargé en criant « Allahou Akbar », mais il pourrait s’agir d’un malade mental. Il s’est livré, avant l’assaut, à de l’exhibitionnisme devant un groupe de jeunes filles.

Si la Belgique et la France sont régulièrement menacées de représailles, ce n’est guère le cas des Pays-Bas, mais fortement celui de l’#Espagne (frappée par un très létal attentat, faisant près de 300 morts, dans trois gares et un train, en mars 2004). En juin dernier, déjà, un certain Abu Bara bin Malik délivrait, sur un site djihadiste un « message aux citoyens espagnols et de tous les pays hispanophones », promettant des meurtres. Un contingent de 300 militaires espagnols entraîne les forces irakiennes dans le cadre de l’opération Inherent Resolve (totale détermination). Cette fois, c’est dans Wafa qu’un dénommé Abu Marya al-Aseef précise la menace. Il s’agit de tuer, si possible décapiter, un maximum d’Espagnols, mais aussi d’en prendre en otages, en particulier au Maghreb, pour obtenir la libération de djihadistes emprisonnés.

S'emparer d'otages

Les cibles seraient particulièrement les boîtes de nuit et les bars mais aussi les centres commerciaux et les bateaux de croisière. Les appels à des prises d’otages visent particulièrement les djihadistes du Maroc (l’Espagne y maintient deux enclaves, Ceuta et Melilla), de Tunisie et de Mauritanie.

Le titre de l’article fait référence à la bataille de Las Navas de Tolosa, en 1212 (bataille d’al-Oqab en arabe) qui vit les rois de Castille, d’Aragon et de Navarre défaire et chasser d'Espagne une partie des conquérants arabes et berbères. Cette bataille fut précédée par la prise de Calatrava dont les populations musulmanes furent épargnées. Les troupes almohades comptaient environ 200 000 soldats et cavaliers. Leur chef et sa garde s’enfuirent, accentuant une débâcle qui tourna au massacre. 60 000 périrent côté maghrébin et andalou musulman.

L’article a sans doute été écrit par un djihadiste ayant résidé en Espagne : « Espagne de Fernando, nous jurons de nous venger » est toutefois un titre insolite car aucun souverain engagé dans cette bataille ne se prénommait ainsi et que l’actuel roi est Felipe VI. Mais Ferdinand V (Fernando) et Isabelle de Castille (morte en 1504) étaient surnommés les « rois catholiques ».

Après avoir totalement déstabilisé l’activité touristique en Tunisie, Égypte et en partie en Turquie, cet appel au meurtre vise une destination très prisée des Français (plus de 10 millions par an) et des Britanniques (12 millions). Le ministère de la Défense britannique a enjoint les militaires portant des tatouages régimentaires de les masquer autant que possible lorsqu’ils sont en permission ou congés, notamment dans les pays méditerranéens.

L'Europe, terre musulmane

Le Foreign Office a réagi à cette menace en plaçant l’Espagne dans la catégorie des pays à haut risque. L’article de Wafa assure que le pays sera reconquis : pour les djihadistes, tout pays d’implantation d’une mosquée est voué à devenir entièrement terre musulmane ad vitam. Cela vaut pratiquement pour toute l'Europe mais l'Espagne et des pays autrefois sous domination ottomane sont revendiqués en priorité.

Les Almohades, défaits en Espagne, seront pratiquement éliminés, y compris au Maroc, par les tenants d’autres tribus, règnes (en particulier l’almoravide) ou sectes de rite malikite.

Des consignes antérieures recommandaient à « empoisonner les barrages et réservoirs » espagnols, à « saboter les lignes ferroviaires et les aéroports ». Pour le moment, la police espagnole en 2015 et 2016 a surtout arrêté des relais financiers ou des fournisseurs (notamment d’uniformes) de #Daesh. #Terrorisme