L’agence turque Dogan rapporte que 29 universitaires ont été arrêtés hier et 53 autres font l’objet d’un mandat d’arrêt. 19 employés de la chaîne TRT ont été détenus ce jour. De même, 29 inspecteurs de l’autorité de supervision du secteur bancaire ont été placés en détention pour « inspections illégales ». Il faut se souvenir que le mouvement #Gülen avait été déclaré « terroriste » aux lendemains des accusations de corruption visant la famille et les proches d’Erdogan. C’était fin décembre 2013 et la presse avait divulgué des conversations téléphoniques entre Erdogan et son fils, Bilal, laissant peu de doute sur l’existence de détournements.

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Le père faisait état de 18 perquisitions, dont l’une visant un autre de ses fils, et il ordonnait à Bilal de planquer l’argent et d’alerter son oncle et son beau-frère.

Depuis le coup d’État, le mouvement Gülen est dénommé « Fetö » (Fethullah terrorist organization).

Mais la répression ou la mise au pas des opposants ne se limite pas à la #Turquie.

Voici quelques jours, j’indiquais sur BlastingNews que les opposants turcs de France redoutaient des actions tordues contre eux. Et je mentionnais Emre Demir, rédacteur en chef de Zaman France. Par la suite, ce dernier indiquait à MetroNews, mardi, qu’il avait déposé plainte pour « menaces ». Emre Demir évoquait l’éventualité de fermer l’hebdomadaire et son site pour ne pas exposer ses abonnés ou visiteurs à des confiscations de passeport, des saisies de leurs biens en Turquie.

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Ce vendredi matin, j’ai tenté à plusieurs reprises de me connecter au site de Zaman, en vain. Coup de fil à la rédaction… « Oui, nous avons été hackés, nous tentons de rétablir (…) Non, il n’y a pas eu de revendication. ».

La Turquie essaie de fermer les écoles et universités du mouvement Gülen, du réseau Hizmet (service bénévole en turc), certes inspiré par Gülen, en partie financé par des sympathisants du mouvement, mais réfutant un lien organique avec Fethullah Gülen.

Certains États turcophones de l’ex-Urss, divers États africains, ont commencé à fermer ces écoles. En Belgique, des parents d’enfants scolarisés dans ces écoles des Flandres (écoles Lucerna) et de la région de Bruxelles (écoles des Étoiles) font l’objet de harcèlement téléphonique. Il existe deux écoles Hizmet en France (Villeneuve-St-Georges et Strasbourg) et un centre parisien accordant des bourses à des étudiants turcs et franco-turcs, et aussi maghrébins.  

Le ministre turc des Affaires étrangères est arrivé à New Delhi et la presse indienne relate la propagande islamiste de la Turquie, qui appuie les revendications territoriales du Pakistan sur le Cachemire, les détentions de proches des recherchés turcs en fuite, équivalant à des prises d’otages, &c.

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Il se trouve que l’Hizmet et ses 15 universités turques accordaient des bourses à des étudiants indiens, que des professeurs d’origine indienne ont été poursuivis ou mis au chômage. La Turquie veut inciter l’Inde à fermer les écoles Hizmet sur son territoire, laissant leurs professeurs sans emploi et les élèves sans perspective immédiate. La presse indienne remémore aussi les liens étroits entre l’ambassade turque et les mosquées indiennes. Le vice-président indien, Hamid Ansari, est docteur honoris causa de l’université Hizmet Mevlana. Le journaliste indien Behzad Fatmi, qui avait étudié à la Mevlana pose la question : « allez-vous soutenir qu’il a été honoré par une organisation terroriste ? ». Il va plus loin : est-ce selon la charia que vous considérez que les épouses et filles des détenus ou recherchés doivent être considérées telles des « prises de guerre » ? Ce fut déclaré par un député de l’AKP.

Sur ce dernier point, le gouvernement turc a fait machine arrière sur l’exonération des viols sur des mineurs entre 12 et 18 ans : les peines seront différenciées et alourdies. Il s’agit de calmer la Suède qui, auparavant, soutenait l’entrée de la Turquie dans l’UE en 2023. Fatmi conclut « voulez-vous restaurer le califat ottoman ? ». Jusqu’à la Bosnie ou au-delà ?