L’Autriche a répété ce samedi qu’elle opposera son veto à la poursuite de négociations d'adhésion de la #Turquie. Après le chancelier Christian Kern, c’est le ministre des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, qui a réaffirmé son opposition, en particulier en raison de la répression en cours. "J’y suis opposé", a-t-il déclaré dans un entretien qui paraîtra dimanche dans le quotidien Kurier. À l’inverse, son homologue suédoise, Margot Wallstrom, a déclaré aujourd'hui dans Expressen que la Suède désirait "maintenir le dialogue avec la Turquie". Le ministre turc des Affaires étrangères a qualifié Vienne de "capitale du racisme radical". Pour le "sultan" Erdogan, toute critique de la répression vaut attaque contre son pays et sa personne. Cette chasse au "Fetö" (surnom du mouvement Gülen) se ramifie tant en Turquie que dans les pays où le mouvement est implanté. Divers pays ont été sommés d’en fermer les écoles.

 

Les États-Unis examinent les éléments de preuve présentés pour obtenir l’extradition de Fethullah Gülen. Les autorités turques accentuent donc la pression sur les É.-U. Au prétexte qu’un ingénieur physicien de la Nasa, Serkan Gölge, 36 ans, d’origine turque, aurait étudié dans une école du mouvement puis à l’université Fatih d’Istanbul (de nombreux recteurs ont été révoqués, des universitaires restent emprisonnés), ce citoyen américain a été incarcéré sur la base d’une dénonciation anonyme. Il se rendait dans sa famille. Un énième officier supérieur, un commandant, a été révoqué. Il s’agissait d’un pilote qui avait pourtant alerté les services secrets sur l’imminence du putsch. Mais son nom figure dans des listes de sympathisants du Fetö dont les autorités font usage sans toujours en justifier l’origine. En fait, la purge s’étend à pratiquement tout opposant, même modéré, à l’extension des pouvoirs présidentiels. Erdogan poursuivra les purges tant que Gülen ne lui sera pas livré, ce qui risque de se prolonger longtemps.

 

Purge dans le parti présidentiel

Les États-Unis ont dû une nouvelle fois démentir toute implication ou lien avec les putschistes. Les arrestations et révocations visent aussi les rangs du parti présidentiel, l’AKP. Les membres considérés infiltrés travaillant dans des municipalités tenues par des maires considérés sûrs sont dénoncés à la police ou privés d'emploi. Tous les sièges locaux du parti devront faire de même. Ce sera l’occasion rêvée pour se débarrasser de concurrents à des postes, électifs ou autres… Cela visera aussi des parlementaires, a déclaré le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus. Hier encore, vendredi, un ancien gouverneur (équivalent d’un préfet) de la capitale, et d’autres, soit neuf personnalités, qui avaient été interrogés et niés tout lien avec le Fetö, ont été incarcérés. Ce gouverneur avait, dans son carnet d’adresses téléphoniques, le nom d’un officier de l’armée de l’air suspecté d’avoir soutenu indirectement le putsch. Il l’avait inscrit, a-t-il expliqué, entre 2007 et 2010, alors qu’il était gouverneur d’une autre province dans laquelle l’officier était stationné. Bref, toute relation d’une personne suspectée à tort ou à raison, que ce soit un fonctionnaire, un industriel, un haut cadre bancaire, etc.., ou n’importe qui, peut finir en prison ou se voir privé d’emploi. Des millions de lires sont saisies, chez les suspects, dans leurs entreprises.

 

Milices des mœurs islamiques

La presse turque renonce à publier de nouveaux décomptes. Des éditorialistes osent encore insister sur la nécessité de maintenir la séparation des pouvoirs : pour combien de temps encore ? Les milices se transforment en police théocratique : des femmes non-voilées, en robe, bras nus, se voient accusées de soutenir les auteurs du coup d’État, et frappées. Une femme enceinte blessée s’est vue refuser la délivrance d’un certificat. La police ou d’autres spectateurs n’interviennent pas. Sous la pression des imams, la cour constitutionnelle révise les dispositions relatives aux abus sexuels sur des mineurs de 12 ans. #Union Européenne